L’Égypte a dépêché son premier convoi d’aide humanitaire terrestre vers le Soudan, alors que la guerre plonge le pays voisin dans ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.
L’Égypte a acheminé vers le Soudan un premier convoi d’aide humanitaire fourni par le Croissant-Rouge égyptien, comprenant environ 70 tonnes de denrées alimentaires, de fournitures médicales et de matériel d’hébergement, a annoncé le ministère égyptien de la Solidarité sociale. Le convoi doit parcourir près de 2 000 kilomètres avant d’atteindre sa destination, accompagné de volontaires humanitaires.
Selon la ministre de la Solidarité sociale Maya Morsi, l’aide devrait parvenir au Soudan dans la nuit du Nouvel An.
« Ce convoi est un message de soutien de l’Égypte au peuple soudanais frère, confronté à une phase extrêmement délicate », a-t-elle déclaré, affirmant que cette initiative s’inscrit dans un effort appelé à se poursuivre tant que durera la crise.
Le Caire rappelle avoir déjà expédié depuis 2023 trois cargaisons maritimes de plus de 1 000 tonnes d’aide humanitaire à destination du Soudan. Ces annonces interviennent alors que la situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer rapidement, notamment dans l’ouest du pays.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a récemment affirmé suivre « avec une profonde préoccupation » l’escalade des violences au Soudan, dénonçant les « massacres atroces » et les violations massives des droits humains visant les civils, en particulier dans la région d’El-Fasher. Lors d’un entretien au Caire avec le général Abdel Fattah al-Burhan, les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité d’intensifier l’aide humanitaire et de mettre fin aux crimes commis contre la population civile.
Le Soudan est plongé depuis avril 2023 dans une guerre opposant l’armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui contrôlent une grande partie du Darfour et des zones du sud. Le conflit a causé des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes, selon les Nations Unies.
À El-Fasher, plus de 106 000 civils ont fui les combats, tandis que 70 000 à 100 000 personnes resteraient piégées dans la ville, d’après le Programme alimentaire mondial ( PAM). Des rapports récents font état de massacres systématiques et de destructions de preuves attribués aux FSR, notamment selon le Laboratoire de recherche humanitaire de l’Université de Yale.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Soudan traverse aujourd’hui la plus grave crise de déplacement au monde, avec plus de huit millions de personnes contraintes de fuir à l’intérieur du pays ou vers les États voisins, illustrant l’ampleur d’une catastrophe humanitaire qui continue de s’aggraver malgré les appels internationaux.
MK/Sf/APA







