La justice malienne a condamné lundi le directeur de publication du journal Le Témoin à trois ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme et un an avec sursis. Il devra également verser un million de francs CFA de dommages-intérêts à l’État.
Le journaliste malien Abdrahamane Keïta a été condamné, lundi 14 septembre, par le tribunal du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité à trois ans de prison, dont deux ans ferme et un an avec sursis.
La juridiction a suivi les réquisitions du ministère public formulées lors de l’audience du 7 septembre. La défense avait, pour sa part, plaidé la relaxe du directeur de publication du journal Le Témoin.
Sur le volet civil, le tribunal a fixé à un million de francs CFA, soit environ 1 525 euros, le montant des dommages-intérêts à verser à l’État. Le Contentieux de l’État, représentant la partie civile, en réclamait 1,5 million.
Des poursuites engagées en juin
Abdrahamane Keïta se trouvait en détention provisoire depuis le 9 juin. Les poursuites portaient sur un « délit à caractère régionaliste tendant à porter atteinte à l’unité nationale et au crédit de l’État », ainsi que sur la « publication et la diffusion d’informations fausses et trompeuses » au moyen d’un système d’information.
La procédure faisait suite à des propos tenus par le journaliste au cours de l’émission télévisée « Grand Jury », consacrée à la situation sécuritaire à Kidal, dans le nord du Mali.
Son placement sous mandat de dépôt avait suscité des réactions de la Maison de la presse du Mali et de plusieurs organisations de défense des journalistes, qui avaient demandé sa libération.
Le procès, initialement programmé en août puis reporté, s’était finalement tenu le 7 septembre. Après les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense, le tribunal avait mis l’affaire en délibéré jusqu’au 14 septembre.
MD/te/Sf/APA





