Une plainte pour viol et trafic d’êtres humains déposée au parquet de Paris vise Daniel Amar Siad, né en Algérie et présenté comme un recruteur présumé du réseau de Jeffrey Epstein.
L’onde de choc judiciaire liée au dossier Jeffrey Epstein continue de produire des ramifications internationales. Une nouvelle plainte a été enregistrée à Paris contre Daniel Amar Siad, dont le nom apparaît à plus de 2000 reprises dans les documents rendus publics par la justice américaine. Les faits dénoncés remonteraient aux années 1990 et concernent des accusations de viol et de participation à un système de trafic d’êtres humains.
La divulgation récente de près de trois millions de documents, soit environ la moitié du dossier Epstein selon les autorités américaines, a ravivé les investigations médiatiques et judiciaires. Ces archives confirment l’ampleur mondiale du réseau du financier américain, mêlant grandes fortunes, responsables politiques et figures publiques internationales. Les liens autrefois entretenus par Epstein avec des personnalités telles que Bill Clinton, Donald Trump ou encore Prince Andrew, qui ont nié toute implication pénale, ont contribué à maintenir une forte pression médiatique autour de l’affaire.
Au cœur de cette nouvelle plainte figure Daniel Amar Siad, né en Algérie avant de s’installer en Scandinavie dans les années 1980, où il a obtenu la nationalité suédoise. Son parcours, décrit comme opaque par plusieurs enquêtes journalistiques, le présente comme un intermédiaire actif dans le recrutement de jeunes femmes, qu’il soumettait à l’appréciation d’Epstein. Les échanges révélés par les documents judiciaires font état d’une collaboration suivie entre les deux hommes jusqu’à peu avant l’arrestation du financier en 2019.
Si les investigations publiques se concentrent sur ses activités en Europe et aux États-Unis, son origine algérienne suscite des interrogations sur d’éventuels relais ou connexions informelles dans son pays natal. À ce stade, aucun document judiciaire rendu public n’établit formellement l’existence de structures ou de complicités en Algérie. Toutefois, la dimension transnationale du réseau Epstein, reposant sur des circuits multiples de repérage et d’intermédiation, alimente les spéculations sur l’étendue géographique réelle de ses ramifications.
La plaignante, aujourd’hui âgée de 56 ans, affirme avoir identifié Daniel Amar Siad à partir de clichés publiés dans le cadre des révélations judiciaires. Elle soutient qu’il aurait utilisé sa position de « chasseur de têtes » pour approvisionner le réseau entre l’Europe et les États-Unis. Selon des courriels déjà versés au dossier dans d’autres procédures, il aurait perçu une rémunération mensuelle de 3 000 euros pour des activités de « repérage », assortie de commissions sur les profils présentés.
Malgré l’intérêt manifesté par certains enquêteurs à son égard en 2019 et 2020, Daniel Amar Siad n’a, à ce jour, pas été convoqué devant un juge en France. La nouvelle plainte déposée à Paris pourrait relancer les investigations et raviver les questions sur les circuits internationaux ayant permis au réseau Epstein de prospérer pendant des années.
MK/Sf/APA







