Le gouvernement fédéral nigérian a accordé huit semaines à un comité technique nouvellement mis en place pour élaborer une feuille de route visant à résorber le déficit national de production de poisson, estimé à 2,2 millions de tonnes.
Inaugurant jeudi à Abuja le Comité technique pour l’accélération de la production de poisson, le ministre des Affaires maritimes et de l’Économie bleue, Adegboyega Oyetola, a appelé à traduire en mesures concrètes les recommandations issues d’une table ronde stratégique tenue en octobre 2025, consacrée à la réduction du déficit de poisson estimé à 2,2 millions de tonnes.
Le comité devra notamment identifier des interventions permettant d’augmenter la production de poisson, d’améliorer la transformation, le stockage et la commercialisation, tout en stimulant les investissements et la création d’emplois dans la filière.
Selon le ministre, plusieurs contraintes freinent encore le développement de la pêche et de l’aquaculture, notamment le coût élevé des aliments pour poissons, l’accès limité aux alevins et géniteurs de qualité, les faiblesses des systèmes de santé piscicole, les pertes après récolte et l’insuffisance des infrastructures de chaîne du froid.
À ces difficultés s’ajoutent l’accès limité aux financements, les lacunes en matière de recherche et d’innovation, l’insuffisance des données, ainsi que les problèmes liés aux normes, à la traçabilité et à l’accès aux marchés.
« Le Nigéria ne peut plus dépendre autant du poisson importé alors que nous avons les ressources et les compétences humaines nécessaires pour développer la production nationale et renforcer la sécurité alimentaire », a déclaré M. Oyetola.
Le ministre a demandé au comité d’évaluer les recommandations existantes afin de déterminer celles qui doivent être adoptées, améliorées, intégrées aux dispositifs actuels ou écartées lorsqu’elles ne sont pas jugées viables.
Il lui a également demandé de recenser les initiatives déjà mises en œuvre par les secteurs public et privé ainsi que par les partenaires au développement, afin de capitaliser sur les expériences concluantes et d’éviter la dispersion des ressources.
Le rapport attendu devra préciser les actions prioritaires, les institutions chargées de leur mise en œuvre, les échéances, les coûts indicatifs, les sources de financement et les indicateurs de performance. Il devra également identifier des possibilités d’investissement privé, de partenariats public-privé et de financement du développement.
Le comité réunit des représentants du gouvernement, du monde universitaire, des organisations professionnelles, des instituts de recherche et du secteur industriel.
Le Nigéria consomme chaque année plus de 3,6 millions de tonnes de poisson, alors que sa production nationale était estimée à 1,4 million de tonnes en 2025, soit un déficit d’environ 2,2 millions de tonnes, qui entretient la dépendance du pays aux importations.
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