L’Autorité nigériane des zones franches d’exportation (NEPZA) a exhorté l’Union européenne (UE) à intégrer le programme des zones économiques spéciales du Nigéria aux chaînes de valeur européennes.
L’intégration des zones économiques spéciales, proposée par lLagos aux partenaires européens, s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour stimuler la croissance économique, approfondir l’industrialisation et renforcer les relations commerciales UE-Nigeria.
S’exprimant lors d’une réunion sur la facilitation du commerce et des investissements, organisée lundi à la Maison de l’Europe à Abuja, le directeur général de la NEPZA, Olufemi Ogunyemi, a déclaré aux ambassadeurs européens, aux chefs de délégation des États membres de l’Union européenne et aux représentants de la Commission européenne et du Service européen pour l’action extérieure que les zones franches du Nigéria pourraient constituer des plateformes stratégiques pour développer la coopération économique entre l’Europe et l’Afrique, dans un contexte de profonds bouleversements économiques mondiaux.
« C’est un privilège de m’adresser à cette assemblée distinguée en ce moment crucial de l’histoire économique mondiale. Notre discussion d’aujourd’hui porte sur la manière dont les zones franches du Nigéria, dans le cadre stratégique de la NEPZA, peuvent servir de plateformes efficaces pour renforcer la coopération économique UE-Nigéria face à d’importantes mutations structurelles », a-t-il affirmé.
Ogunyemi a souligné que l’ordre économique mondial évoluait d’un système prévisible et fondé sur des règles vers un système de plus en plus façonné par les pressions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et l’évolution des alliances. Il a fait valoir que les zones économiques spéciales du Nigeria offraient à l’Europe l’opportunité de diversifier ses partenariats.
« Face à cette évolution de l’ordre mondial, l’Union européenne devrait tirer davantage parti des zones économiques spéciales du Nigéria pour élargir et approfondir notre partenariat économique existant », a-t-il déclaré.
Et d’ajouter que les orientations politiques récentes des dirigeants de l’UE mettent l’accent sur la résilience économique, l’autonomie stratégique et la diversification des chaînes d’approvisionnement, des valeurs qui, selon lui, correspondent parfaitement au cadre des zones franches du Nigéria.
« Nous reconnaissons que les dirigeants de l’UE ont formulé une vision de l’indépendance et de la puissance économique de l’Europe, fondée sur des partenariats diversifiés, résilients et stratégiquement alignés, plutôt que sur la dépendance à un nombre restreint de fournisseurs mondiaux ou sur des arrangements géopolitiques », a conclu Ogunyemi.
D’après lui, le renforcement de l’activité économique européenne le long des corridors de la zone économique spéciale du Nigéria permettrait non seulement de réduire les risques de concentration, mais aussi de préserver les chaînes d’approvisionnement essentielles et de stimuler les investissements vers les marchés en forte croissance d’Afrique de l’Ouest.
M. Ogunyemi a observé que le réalignement économique en cours au sein de l’Union européenne soulignait la nécessité de partenariats mutuellement avantageux entre l’Europe et l’Afrique, notamment dans les domaines de la production industrielle, de l’industrie manufacturière et des services.
Il a expliqué que si l’UE demeurait le premier partenaire commercial et d’investissement de l’Afrique, la structure des échanges entre les deux régions continuait de poser des défis stratégiques.
« Même si nous reconnaissons que l’Union européenne est le principal partenaire de l’Afrique en matière de commerce et d’investissement, avec des échanges de marchandises entre les deux continents s’élevant à près de €355 milliards en 2024 et des échanges de services dépassant les €100 milliards, la persistance d’une structure commerciale dominée par les exportations de matières premières africaines constitue un défi stratégique commun », a déclaré M. Ogunyemi. Il a assuré que des investissements ciblés dans les zones économiques spéciales du Nigeria pourraient contribuer à corriger ces déséquilibres en promouvant les industries manufacturières, de transformation et d’exportation, favorisant ainsi la création d’emplois et le transfert de technologies.
Selon les médias locaux, la réunion a rassemblé des ambassadeurs de pays européens, des chefs de délégation d’États membres de l’UE, ainsi que des représentants de la Commission européenne et du Service européen pour l’action extérieure.
GIK/fss/Sf/APA







