La cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, a entamé à Paoua, dans la région de la Yadé, une tournée nationale destinée à évaluer les premiers effets de la reconfiguration du dispositif territorial de la Mission et à recueillir les priorités locales en matière de consolidation de la paix.
En visite dans à Paola, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique a assuré que la réorganisation du dispositif de la MINUSCA, engagée depuis la fin de 2025, ne constitue pas un désengagement, mais une adaptation aux nouvelles réalités du terrain.
« La Centrafrique de 2026 n’est pas la Centrafrique de 2014 », a déclaré Valentine Rugwabiza, soulignant la nécessité pour la MINUSCA d’adapter son action aux progrès enregistrés et aux nouveaux défis auxquels le pays est confronté.
La Mission entend notamment mesurer l’impact de cette reconfiguration sur les populations, recueillir les priorités des communautés et concentrer ses ressources sur les zones où les besoins de protection et de prévention des conflits demeurent importants.
Certaines régions ayant connu une amélioration de la situation sécuritaire, l’attention de la MINUSCA est désormais davantage portée sur les zones frontalières et les couloirs de transhumance, considérés comme des espaces nécessitant une vigilance accrue.
À Paoua, les échanges avec les autorités locales, les représentants de la société civile et les communautés ont permis d’examiner les effets des changements intervenus ces derniers mois et d’identifier les principales préoccupations des populations.
« Rien ne peut se substituer à un engagement direct avec ceux qui ressentent immédiatement l’impact de notre action », a relevé la cheffe de la MINUSCA.
La consolidation des acquis sécuritaires passe également, selon la Mission, par le renforcement de la présence de l’État sur l’ensemble du territoire. L’accent est notamment mis sur les capacités des autorités locales, l’accès aux services publics et le fonctionnement des collectivités territoriales.
Parmi les priorités évoquées à Paoua figurent l’amélioration des infrastructures, la création d’opportunités pour les jeunes, l’autonomisation des femmes, la gestion apaisée de la transhumance, le retour des personnes déplacées et le renforcement des services publics de base.
Les acteurs locaux ont également insisté sur la nécessité de consolider les mécanismes de prévention et de résolution des conflits au niveau communautaire.
La visite s’est déroulée en présence de représentants du ministère de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, du commandant de la Force de la MINUSCA, le général de corps d’armée Humphrey Nyone, de la commissaire de la Police des Nations Unies, Fang Li, ainsi que de représentants du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’UNICEF.
Bureau régional de la MINUSCA pour la région de la Yadé, Paoua occupe désormais une place stratégique dans la nouvelle organisation territoriale de la Mission, qui entend concentrer ses moyens sur les zones où ils sont jugés les plus nécessaires, tout en accompagnant le renforcement durable de la présence de l’État et des capacités locales.
TE/Sf/APA





