À l’initiative de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, une caravane eurasiatique pour défendre les pâturages et les communautés qui en dépendent, reliera la Türkiye à la Mongolie afin de promouvoir la gestion durable des parcours pastoraux et renforcer la résilience face à la dégradation des terres.
La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) a lancé mercredi en Türkiye la « Silk Road Caravan », une initiative itinérante à travers l’Eurasie destinée à mettre en lumière les pâturages naturels et les communautés pastorales, à l’approche de la COP17 prévue en août prochain à Oulan-Bator, en Mongolie.
Selon un communiqué parvenu à APA, cette caravane s’inscrit dans le cadre de l’Année internationale des parcours pastoraux et des éleveurs 2026. Elle vise à sensibiliser sur le rôle stratégique des terres de pâturage dans la sécurité alimentaire, la préservation des ressources en eau, la stabilité climatique et la résilience économique.
L’initiative suivra symboliquement l’ancienne Route de la soie et réunira des éleveurs pastoraux, des experts et des réalisateurs de plusieurs pays. Le convoi traversera steppes, déserts et hauts plateaux afin de documenter, au contact des communautés locales, des solutions mêlant savoirs traditionnels et avancées scientifiques.
« Les parcours pastoraux couvrent plus de la moitié des terres émergées de la planète et soutiennent des milliards de personnes, mais dans certaines régions ils disparaissent plus rapidement que les forêts tropicales », a déclaré Yasmine Fouad lors de la cérémonie de lancement à Antalya, en Türkiye.
Selon elle, cette caravane doit permettre de placer « ces paysages et leurs gardiens au centre de l’attention mondiale » dans un contexte marqué par l’aggravation de la dégradation des terres et des sécheresses.
Les autorités turques ont salué une initiative « symbolique et porteuse de sensibilisation. » Le vice-ministre turc de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique, Hasan Suver, a souligné que le périple, commencé à Erzurum avant de passer par Malatya, Gaziantep et Antalya, met en évidence l’importance écologique, économique et culturelle des écosystèmes pastoraux.
Ambassadrice de bonne volonté de l’UNCCD, l’artiste malienne Inna Modja, qui a déjà parcouru plus de 1 000 kilomètres avec la caravane en Türkiye, a estimé que cette aventure permettra de « porter les voix des communautés pastorales » et de montrer « à quel point les populations et les terres sont intimement liées. »
Après la Türkiye, la caravane doit traverser plusieurs pays eurasiens, notamment la Chine, le Kazakhstan, le Kyrgyzstan, la Mongolie, la Russie et l’Ouzbékistan, avant de s’achever à la COP17 de l’UNCCD, prévue du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator.
Le communiqué rappelle que les steppes eurasiatiques constituent la plus vaste zone continue de pâturages au monde, s’étendant sur plus de 8 000 kilomètres entre la mer Noire et le plateau mongol.
Ces terres représentent environ un quart des parcours pastoraux mondiaux et font vivre des populations largement dépendantes de l’élevage pastoral.
L’UNCCD souligne également que les parcours pastoraux figurent parmi les écosystèmes les plus essentiels mais aussi les plus sous-évalués de la planète. Ils soutiennent près de deux milliards de personnes et contribuent à un sixième de la production alimentaire mondiale.
Pourtant, jusqu’à la moitié de ces territoires seraient déjà dégradés ou menacés, fragilisant leur capacité de stockage de l’eau et du carbone ainsi que leur productivité.
ARD/Sf/APA





