La Banque mondiale appelle le Ghana à tirer pleinement parti de sa récente reprise économique pour créer davantage d’emplois de qualité et améliorer durablement les conditions de vie de sa population.
Dans son 10ᵉ rapport sur la situation économique du Ghana, intitulé « Relancer la croissance : soutenir le redressement macroéconomique et libérer le potentiel des transports pour la transformation », la Banque mondiale estime que le Ghana a réalisé des progrès considérables dans le rétablissement de la stabilité macroéconomique. Et devrait maintenir le cap pour en optimiser l’impact social.
Elle souligne toutefois que la consolidation de cette reprise nécessitera le maintien d’une discipline budgétaire rigoureuse, une mobilisation accrue des recettes intérieures ainsi que la mise en œuvre de réformes destinées à lever les obstacles structurels à la croissance.
Ces réformes devront également concerner le secteur des transports, considéré comme un levier essentiel pour réduire les coûts liés à l’activité économique, améliorer la connexion entre les marchés et favoriser la création d’emplois.
Selon le rapport, la reprise économique du Ghana s’est accélérée en 2025, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 6,0 %, principalement soutenue par les secteurs des services et de l’agriculture.
L’inflation a, pour sa part, fortement reculé, tandis que les réserves internationales brutes se sont renforcées et que la situation budgétaire s’est améliorée. L’excédent primaire a notamment dépassé les objectifs fixés dans le cadre du programme économique du pays.
La dette publique a également enregistré une baisse significative, portée par les avancées réalisées dans la mise en œuvre du programme global de restructuration de la dette.
Malgré ces progrès, la Banque mondiale estime que la reprise n’est « pas encore achevée ». Elle relève notamment que la croissance enregistrée jusqu’ici n’a pas généré suffisamment d’emplois de qualité pour absorber l’augmentation continue de la population en âge de travailler.
L’institution constate également que la pauvreté demeure élevée dans certaines régions du pays. Elle met en garde contre plusieurs facteurs extérieurs susceptibles de fragiliser la reprise, notamment la volatilité des cours des matières premières, l’augmentation des coûts de l’énergie et des engrais ainsi que le durcissement des conditions de financement à l’échelle mondiale.
Commentant les conclusions du rapport, le directeur de la Banque mondiale pour le Ghana, le Libéria et la Sierra Léone, Dr Robert Taliercio, a estimé que le Ghana avait réalisé « des progrès importants pour rétablir la stabilité après une période difficile ».
« La prochaine étape doit consister à rendre la reprise durable et plus inclusive », a-t-il ajouté.
Selon lui, le maintien de la discipline budgétaire et monétaire, le renforcement de la mobilisation des recettes ainsi que la préservation des dépenses prioritaires consacrées aux infrastructures et aux programmes sociaux seront déterminants pour faire en sorte que les bénéfices de la reprise se traduisent par « de meilleurs emplois et une amélioration du bien-être des Ghanéens ».
Pour 2026, la Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance à 4,8 %, après le rebond de 2025, sous l’effet de l’atténuation des effets de l’ajustement post-crise et de la persistance des pressions extérieures.
À moyen terme, la croissance devrait néanmoins converger vers le potentiel du pays, estimé à environ 5 %.
Selon les médias locaux, la Banque mondiale anticipe par ailleurs une inflation qui resterait dans la fourchette cible de la Banque du Ghana, à condition que l’assouplissement de la politique monétaire demeure guidé par les données économiques et que les chocs de prix extérieurs soient gérés avec prudence.
GIK/fss/te/Sf/APA





