En avril 2026, la multinationale Trafigura, spécialisée dans les matières premières, a signé un accord d’achat avec la société ghanéenne Heath Goldfields pour la mine d’or de Bogoso-Prestea, s’engageant à acquérir environ 700 000 onces d’or.
L’accord d’achat d’or signé entre Trafigura et la ghanéenne Heath Goldfields assure une sécurité commerciale immédiate au projet de la mine dede Bogoso-Prestea, tout en
améliorant son profil de financement grâce à la garantie d’un acheteur
à long terme, répondant ainsi à l’une des contraintes les plus persistantes du secteur : l’accès aux capitaux.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large du secteur minier africain, où les projets ont recours aux accords d’achat pour sécuriser leurs financements et accélérer leur production.
Alors que l’Afrique accélère le développement de ses ressources
minérales inexploitées, estimées à 8 500 milliards de dollars, les accords d’achat apparaissent comme un outil efficace pour débloquer des financements et réduire les risques liés aux projets.
Cette double fonction – garantie de marché et facilitation de l’accès
aux capitaux – est de plus en plus centrale dans le paysage du
financement minier africain. En réduisant le risque lié à la demande,
les accords d’achat contribuent à débloquer des financements par
emprunt et par actions qui seraient autrement difficiles à obtenir pour les projets en phase de démarrage ou de redémarrage.
Des structures similaires se développent sur tout le continent. En
Sierra Léone, un accord d’achat de minerai conclu entre Trafigura et
FG Gold Limited a permis de débloquer le financement du projet aurifère de Baomahun, une étape cruciale pour la réduction des risques liés à l’un des projets miniers phares du pays et pour le bouclage financier d’une production d’or à grande échelle.
Dans le secteur des minéraux pour batteries, NextSource Materials a
prolongé en mars 2026 son accord d’achat avec Mitsubishi Chemical
Corporation pour la fourniture de graphite issu du projet Molo à
Madagascar.
Cet accord garantit une demande prévisible à long terme de 9 000
tonnes de graphite par an, tout en soutenant le financement du projet
et les plans d’expansion liés aux chaînes d’approvisionnement
mondiales des batteries.
De même, Bannerman Energy a conclu des accords d’achat avec des
entreprises de services publics nord-américaines pour l’uranium
provenant de son projet Etango, assurant une visibilité pluriannuelle
des revenus de 2029 à 2033 et renforçant la viabilité financière à
long terme du projet.
Ces transactions témoignent d’une évolution structurelle plus large du
financement minier africain : les accords d’achat ne sont plus de
simples contrats de vente, mais des instruments essentiels au
développement de projets, à la répartition des risques et à la
mobilisation de capitaux. Pour d’autres marchés en quête debfinancements et d’acheteurs à long terme, ces exemples démontrent la viabilité des contrats d’enlèvement, non seulement pour les phases de mise en service des projets, mais aussi comme outils de développement initial.
En Afrique du Sud, où le gouvernement vise un investissement de 2 000
milliards de rands pour exploiter le potentiel de ses minéraux critiques, les contrats d’enlèvement pourraient jouer un rôle central dans la réduction des risques liés aux projets.
De même, en République démocratique du Congo ( RDC), qui recèle des richesses minérales inexploitées estimées à $24 000 milliards, les accords d’enlèvement pourraient accélérer la valorisation de ses vastes
réserves de cuivre, de cobalt et de minéraux stratégiques.
Dans ce contexte, la prochaine conférence-exposition African Mining
Week (AMW), qui se tiendra du 14 au 16 octobre au Cap, présentera comment les modèles de financement basés sur les contrats d’enlèvement peuvent être déployés à plus grande échelle pour accélérer la réalisation des projets et renforcer la position de l’Afrique dans la
chaîne d’approvisionnement mondiale en minéraux.
Selon le rapport diffusé par le groupe APO pour le compte d’Energy Capital & Power, qui réunit des acteurs de l’ensemble de la chaîne de valeur minière africaine, cet événement offre une plateforme d’examen des financements stratégiques, des mécanismes d’accélération de la
production et du positionnement du continent à l’avant-garde des
investissements miniers mondiaux.
GIK/fss/Sf/APA






