Démentant la fin du monopole de Naftal sur les lubrifiants, la Présidence algérienne réaffirme son choix d’un marché verrouillé, symbole d’un modèle économique figé.
La Présidence algérienne a publié mercredi un démenti catégorique face aux informations de presse affirmant la fin du monopole de Naftal sur l’importation des lubrifiants. Cette réaction illustre la crispation des autorités autour d’un secteur stratégique verrouillé par une entreprise publique depuis des décennies, malgré l’essoufflement visible de ce modèle monopolistique.
Dans un communiqué, la Direction générale de la communication de la Présidence a affirmé, « après vérification auprès de l’autorité compétente », que la société publique Naftal demeure « le seul opérateur officiel et exclusif pour l’importation d’huiles moteur et de pneus ». La précision survient après la parution, dans le quotidien El Watan, d’un article évoquant la levée du monopole.
Cette mise au point rappelle que la décision du Conseil des ministres du 7 mai 2024 reste inchangée. À l’époque, le président Abdelmadjid Tebboune avait instruit Naftal d’assurer la production nationale de lubrifiants, d’augmenter son taux de couverture et de gérer l’importation des produits non fabriqués localement, tout en investissant dans les technologies nécessaires à leur fabrication.
Si le pouvoir insiste sur la continuité, ce choix soulève des interrogations sur la rigidité du modèle économique algérien. Alors que plusieurs voisins diversifient leurs approvisionnements et encouragent la concurrence pour améliorer qualité et prix, l’Algérie campe sur un monopole public qui concentre toutes les responsabilités et limite l’ouverture du marché.
La communication présidentielle, prompte à corriger un article de presse, illustre également la nervosité d’Alger face à toute remise en cause du rôle central de ses entreprises d’État. Dans un contexte de tensions sociales et économiques croissantes, le contrôle absolu de Naftal apparaît moins comme un choix stratégique que comme une volonté politique d’éviter toute remise en question d’un pilier du système de rente.
Derrière le démenti officiel, se profile donc une réalité immuable : le secteur des lubrifiants, à l’instar de nombreux autres segments de l’économie algérienne, demeure verrouillé par l’État. Cette approche, héritée d’une tradition de monopoles publics, freine toute perspective de modernisation ou de mise en concurrence, au détriment d’une économie plus compétitive et plus transparente.
MK/Sf/APA






