Le président de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), le Dr George Elombi, a appelé les journalistes africains à changer le récit sur le continent afin de favoriser les investissements et le développement.
Lors d’une table ronde avec les médias, mercredi à Abuja, le président du conseil d’administration d’Afreximbank, George Elombi, a estimé que la perception internationale de l’Afrique continue de freiner sa capacité à attirer les investissements, à mobiliser des capitaux et à accéder à l’expertise nécessaire à son développement durable.
Selon lui, les médias internationaux consacrent l’essentiel de leur couverture de l’Afrique aux conflits, aux catastrophes, aux famines, aux grèves et aux coups d’État, au détriment des réussites industrielles, économiques et infrastructurelles du continent.
Il a déploré le faible écho accordé aux usines, aéroports, raffineries et autres projets structurants, estimant que cette vision entretient une « mentalité colonisée » qui rend l’Afrique dépendante de la validation extérieure.
« Nous devons changer ce récit en mettant en lumière les succès africains et en montrant que l’excellence est une réalité quotidienne sur tout le continent », a-t-il déclaré.
George Elombi a également critiqué les agences internationales de notation, qu’il accuse d’évaluer de manière arbitraire les institutions africaines. Selon lui, Afreximbank et d’autres institutions financières du continent sont souvent déclassées uniquement parce qu’elles opèrent en Afrique, malgré des taux de défaut de paiement inférieurs à ceux observés dans de nombreuses autres régions.
Il a ainsi réaffirmé son soutien au projet de l’Union africaine visant à créer une agence africaine de notation de crédit, gérée par des professionnels africains et fondée sur les réalités économiques du continent.
Le président d’Afreximbank a par ailleurs mis en avant plusieurs initiatives de la banque, notamment le Centre africain d’excellence médicale (AMCE) d’Abuja, destiné à limiter le tourisme médical en offrant des soins spécialisés de niveau international. Il a indiqué qu’Afreximbank y avait consacré un fonds de dotation de 75 millions de dollars pour soutenir la recherche sur des maladies telles que la drépanocytose.
Sur le plan industriel, il a rappelé que la banque avait accordé un financement de 2,5 milliards de dollars à la raffinerie Dangote afin de renforcer la sécurité énergétique du continent, réduire les importations de produits pétroliers et promouvoir la transformation locale des ressources africaines.
Concernant l’intégration économique, M. Elombi a indiqué que le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) est désormais opérationnel dans 28 pays africains, avec la participation de leurs banques centrales ainsi que d’au moins 190 banques commerciales et fintechs. Cette plateforme permet d’effectuer des paiements transfrontaliers en monnaies locales, réduisant ainsi la dépendance au dollar américain.
En conclusion, il a exhorté les médias africains à accorder davantage de visibilité aux innovations, à l’industrialisation et aux transformations économiques du continent afin de renforcer son attractivité auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.
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