Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a exhorté les dirigeants mondiaux à veiller à ce que les décisions prises lors du prochain sommet des dirigeants du G20 soient ancrées dans le vécu des populations, notamment celles des pays en développement (PVD).
S’exprimant jeudi au Sommet social du G20 à Johannesburg, M. Ramaphosa
a déclaré que cette réunion devait donner un sens concret à la
solidarité mondiale et servir de boussole pour un développement
inclusif et durable.
Etablissant des parallèles historiques avec la Conférence de Bandung en 1955 et la Charte de la liberté de l’Afrique du Sud, M. Ramaphosa a souligné l’importance d’une coopération mondiale centrée sur les personnes.
« Pour que les décisions prises lors du prochain sommet des dirigeants du G20 soient solides, porteuses de sens et empreintes de crédibilité et de légitimité, elles doivent s’appuyer sur des fondements solides
», a-t-il déclaré.
Avant d’ajouter : « Ces fondements sont notre société civile et nos organisations communautaires, les organisations de femmes, les mouvements de jeunesse, le monde universitaire et les groupes de réflexion, les entreprises, les syndicats et autres organisations de base ».
Le Sommet social, inauguré par le Brésil en 2024 et accueilli pour la
deuxième fois, réunit des représentants de Women20, Youth20,
Business20, Civil20, Labour20, Parliament20 et d’autres plateformes.
Il vise à façonner l’agenda du G20 par le biais d’une large
consultation et d’un dialogue inclusif.
Les délégués ont appelé à un investissement accru dans la résilience climatique, les infrastructures hydrauliques mondiales et une transition juste vers des économies à faibles émissions de carbone.
Le sommet a également priorisé l’élimination de la pauvreté et de la faim chez les enfants, l’élargissement des perspectives offertes aux jeunes et la promotion de l’égalité des sexes.
M. Ramaphosa a souligné que les sociétés durables doivent reconnaître et valoriser la contribution économique des femmes et lutter contre les violences sexistes.
La présidence sud-africaine du G20, qui a débuté en décembre 2024,
s’est concentrée sur la défense des intérêts des économies en
développement, la réforme des systèmes financiers mondiaux et la
promotion d’un développement équitable.
Le Sommet des dirigeants du G20, qui se tiendra à Johannesburg les 22 et 23 novembre, sera le premier à se dérouler sur le continent
africain. Ramaphosa a invité les dirigeants mondiaux à rejeter les
normes d’exclusion.
« Pour que le G20 puisse pleinement remplir sa mission de promotion de la stabilité financière internationale et d’approfondissement de la
coopération économique mondiale, il ne devrait exister aucune règle
tacite définissant qui profite et qui doit se contenter des miettes », a-t-il déclaré.
Ramaphosa d’aller plus loin : « Il est inacceptable que la situation géographique, le revenu ou la puissance militaire d’un pays déterminent qui a voix au chapitre et qui est ignoré ».
Ces propos interviennent dans un contexte de tensions géopolitiques
croissantes, marquées par la promotion de l’unilatéralisme au niveau de l’administration Trump sous couvert du slogan « Rendre sa grandeur à l’Amérique ».
JN/fss/Sf/APA







