Selon une étude publiée mardi, 85 % des nourrissons et des jeunes enfants kényans âgés de 3 à 23 mois présentent un développement conforme aux attentes pour leur âge, notamment en matière de motricité, de langage, de capacités cognitives et de compétences sociales.
Pour la première fois, l’enquête nationale sur la démographie et la santé au Kenya a évalué le développement des enfants dès l’âge de trois mois.
La mini-enquête sur la démographie et la santé au Kenya (2025-2026), présentée le 3 novembre 2026 à Nairobi, s’est appuyée sur les « Échelles mondiales pour le développement précoce » (Global Scales for Early Development) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cet outil permet de vérifier si les enfants atteignent les principales étapes de développement correspondant à leur âge.
« Pendant longtemps, le Kenya a suivi la survie et la croissance des enfants. Nous avons surveillé la mortalité, la vaccination, la taille et le poids », a expliqué la professeure Amina Abubakar, de l’Institut pour le développement humain de l’Université Aga Khan.
Cette nouvelle approche permet désormais de suivre le développement des jeunes enfants à l’échelle des comtés.
« Les comtés peuvent ainsi identifier les domaines où leurs enfants accusent un retard, afin de cibler les interventions en matière de soins attentifs, de stimulation précoce et de soutien aux parents là où les besoins sont les plus importants », a-t-elle précisé.
D’après le rapport, 85 % des enfants âgés de 3 à 23 mois et 83 % de ceux de 24 à 59 mois présentent un développement conforme aux attentes. Pour cette seconde tranche d’âge, l’évaluation a été réalisée à l’aide de l’Indice de développement de la petite enfance 2030 de l’UNICEF. Les résultats montrent également que les enfants dont les mères ont un niveau d’instruction élevé sont davantage susceptibles de suivre un développement conforme aux attentes.
L’étude met toutefois en évidence d’importantes disparités géographiques. Chez les enfants de 3 à 23 mois, la proportion de ceux dont le développement correspond aux normes varie de 52 % dans le comté de West Pokot à 97 % dans celui de Kakamega, a indiqué Makeba Shiroya, chargée de programme nationale pour la santé de l’enfant et de l’adolescent à l’OMS au Kenya.
Ces données doivent notamment permettre aux autorités locales de mieux orienter les interventions en faveur de la petite enfance vers les zones les plus défavorisées.
S’exprimant au nom du coordonnateur résident des Nations Unies au Kenya, Gary Conille, la représentante de l’OMS dans le pays, Neema Rusibamayila Kimambo, a souligné que les indicateurs du rapport reflétaient des réalités humaines, allant des besoins des mères en matière de soins à ceux des enfants en nutrition et en accompagnement, en passant par les difficultés rencontrées par les femmes victimes de violences.
Elle a également salué le soutien financier et technique apporté à cette initiative par les agences des Nations Unies, notamment l’UNICEF, l’OMS, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et ONU Femmes. Ces organisations ont contribué à la conception de l’enquête, à la formation des équipes de terrain, à l’analyse des données et à l’élaboration du rapport.
Il s’agit de la huitième enquête démographique et de santé réalisée au Kenya depuis 1989 et de la première mini-enquête de ce type. Elle vise à actualiser les données sanitaires et sociales entre deux enquêtes nationales complètes, généralement espacées d’environ cinq ans.
Menée par le Bureau national des statistiques du Kenya, en collaboration avec le ministère de la Santé, l’enquête a permis de recueillir des données auprès d’un échantillon représentatif de 29 935 ménages, entre le 5 novembre 2025 et le 10 février 2026. Ses résultats doivent contribuer au suivi des objectifs nationaux de santé, des Objectifs de développement durable et de la Vision 2030 du Kenya.
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