La première conférence nationale réunissant les directeurs généraux des administrations métropolitaines, municipales et de district (MMDCE) sur l’exploitation minière artisanale illégale s’est ouverte lundi au Ghana, avec la volonté affichée du gouvernement de ne ménager aucun effort dans la lutte contre cette pratique.
Cette rencontre a été organisée en réponse à la destruction des ressources en eau et des réserves forestières à travers le pays au cours des dernières décennies.
Pour inverser cette dégradation environnementale, le gouvernement a annoncé son intention de prendre des mesures correctives contre ces pratiques et de rétablir l’ordre dans le secteur minier.
La conférence s’est tenue à Kumasi, capitale de la région d’Ashanti, où l’activité minière joue un rôle prépondérant dans l’économie locale et régionale et constitue le moyen de subsistance de nombreux habitants.
Le ministre régional de l’Ashanti, Dr Frank Amoakohene, a qualifié la conférence d’opportune, estimant qu’elle permettrait de sensibiliser véritablement toutes les parties prenantes et les participants. Il a souligné que le courage dont fait preuve l’administration du président John Dramani Mahama dans la lutte contre l’exploitation minière illégale ne saurait être assez salué.
Le ministre des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, a expliqué les conséquences de l’exploitation minière illégale dans le pays, après plusieurs années de dégradations environnementales.
Il a appelé tous les responsables des administrations métropolitaines, municipales et de district à faire de cette lutte une responsabilité collective.
« Nous sommes réunis ce matin dans le cadre de cette conférence pour discuter d’un secteur essentiel de notre industrie minière, à savoir l’exploitation minière illégale », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette rencontre ne constitue pas une simple réunion administrative, mais un appel à la responsabilité collective et à une action résolue.
Le ministre a estimé que la lutte contre l’exploitation minière illégale ne pouvait être gagnée par le seul ministère des Terres et des Ressources naturelles ou les forces de sécurité.
Elle exige du leadership, de l’engagement, du courage et une mobilisation durable de la population ghanéenne.
Il a également souligné que l’exploitation minière illégale était devenue une grave menace pour la sécurité nationale et une préoccupation majeure en raison de ses conséquences dévastatrices sur l’environnement, la santé publique, la sécurité alimentaire, les ressources en eau et les économies locales.
Le ministre a par ailleurs rappelé que le Secrétariat des opérations de lutte contre l’exploitation minière illégale (NAIMOS), le Service de police du Ghana, les Forces armées ghanéennes et les autres institutions de sécurité habilitées demeuraient des partenaires essentiels des opérations nationales de contrôle.
« Les opérations de répression doivent être soutenues par une gouvernance locale efficace. Lorsque le NAIMOS mène des opérations dans un district, l’assemblée locale doit être prête à apporter son concours en fournissant des informations locales, en assurant la coordination logistique dans les limites de ses compétences légales, en mobilisant les communautés et en effectuant un suivi », a-t-il déclaré.
Il a expliqué que, lorsque des dispositifs d’exploitation minière coopérative ou d’autres mécanismes autorisés étaient disponibles, les assemblées locales devaient contribuer à informer les communautés intéressées des possibilités offertes et des conditions à remplir.
Buah a proposé que chaque assemblée locale touchée par l’activité minière mette en place ou renforce un mécanisme de coordination de la lutte contre l’exploitation minière illégale à l’échelle du district, associant les services déconcentrés concernés, les organismes de régulation, les forces de sécurité et les représentants des communautés.
« L’histoire retiendra si nous avons protégé nos cours d’eau ou laissé leur destruction se poursuivre, si nous avons préservé nos forêts ou assisté à leur disparition, et si nous avons défendu les intérêts des générations futures ou les avons sacrifiés au profit de gains immédiats », a-t-il ajouté.
WN/as/lb/te/Sf/APA





