En participant au troisième sommet Russie-Afrique, les 28 et 29 octobre, Tunis cherche à diversifier ses partenariats et à desserrer les contraintes économiques qui pèsent sur le pays. Après les ambitions diplomatiques, la faiblesse des capacités financières et productives tunisiennes pose la question de la concrétisation de cette ouverture.
La Tunisie tente de trouver de nouveaux relais économiques dans un environnement intérieur particulièrement contraint. Sa participation au troisième sommet Russie-Afrique, organisé les 28 et 29 octobre sous le thème «Pour la paix, la sécurité et le développement», traduit la volonté du président Kaïs Saïed de diversifier les partenaires du pays. Mais cette ouverture diplomatique intervient alors que l’économie tunisienne reste confrontée à des difficultés structurelles, à des marges budgétaires limitées et à un besoin croissant de financements extérieurs.
Les relations avec Moscou, qui célèbrent cette année leur 70e anniversaire, offrent certes des perspectives. La Russie considère la Tunisie comme un partenaire traditionnel en Afrique du Nord. Toutefois, cette proximité historique ne garantit ni investissements massifs ni transferts technologiques. Dans un contexte de recomposition des échanges internationaux, Tunis doit surtout démontrer sa capacité à transformer les déclarations politiques en contrats et en projets économiquement viables.
Les priorités annoncées couvrent plusieurs secteurs stratégiques : énergie, sécurité alimentaire, gestion de l’eau, santé, numérique et formation. Autant de domaines dans lesquels la Tunisie accumule des besoins importants. La dépendance énergétique, les contraintes hydriques et les difficultés de financement des infrastructures illustrent l’ampleur des défis. L’ouverture vers la Russie pourrait contribuer à diversifier les solutions, mais elle ne saurait compenser, à elle seule, les insuffisances structurelles de l’économie tunisienne.
Les échanges commerciaux bilatéraux auraient progressé d’environ 14% durant les neuf premiers mois de 2026, selon les données communiquées par la direction du bureau du Centre de promotion des exportations (Cepex) à Moscou. Cette progression constitue un signal positif, mais reste insuffisante pour mesurer la portée réelle du rapprochement.
La rencontre du 30 octobre entre le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, et l’ambassadeur russe Alexander Zolotov a précisément porté sur la concrétisation des engagements du sommet. Les discussions ont concerné notamment l’énergie, l’économie, la coopération scientifique, culturelle et touristique. Cette insistance sur la nécessité de passer aux projets opérationnels révèle aussi le décalage persistant entre les ambitions diplomatiques et leur traduction économique.
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