L’organisation de la Coupe du monde 2030 constitue une occasion de mobiliser les compétences marocaines et de favoriser l’accès des jeunes aux activités générées par les grands projets d’infrastructures, de services et d’événementiel.
La cheffe du gouvernement marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri, a présenté lundi devant le Parlement un programme qui place l’emploi, la formation et l’insertion économique des jeunes parmi ses priorités, avec l’ambition de les associer aux projets liés à la Coupe du monde 2030. Le texte sera soumis au vote des députés à l’issue des débats parlementaires.
Dans son discours, El Mansouri a réaffirmé les principes fondamentaux du Royaume, notamment la monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale, l’unité nationale et territoriale, ainsi que la préservation du pluralisme culturel et linguistique, des droits et libertés et de l’égalité des chances. Le programme gouvernemental entend traduire ces orientations en mesures économiques et sociales, dans un contexte marqué par les difficultés persistantes d’accès des jeunes à l’emploi.
Le gouvernement prévoit de former chaque année 100 000 jeunes en fonction des besoins des entreprises et de permettre à 100 000 autres d’acquérir une première expérience professionnelle. À partir de 2027, la capacité de formation en apprentissage devrait également atteindre entre 150 000 et 200 000 bénéficiaires par an. Ces objectifs visent à rapprocher les compétences disponibles des besoins du marché du travail et à faciliter l’entrée des jeunes dans la vie active.
La cheffe du gouvernement a également annoncé un dispositif de soutien à 60 000 entreprises, destiné à favoriser leur développement et leur pérennité par l’incubation, l’accès au financement et aux garanties. L’exécutif prévoit en outre de faciliter l’accès aux marchés et aux marchés publics. Parmi les mesures envisagées figurent un passeport de mobilité professionnelle pour les personnes qui trouvent un emploi en dehors de leur zone de résidence et un programme de logements locatifs à prix abordables.
Ces engagements répondent à des indicateurs préoccupants évoqués par El Mansouri devant les parlementaires. Selon les chiffres présentés, environ 2,9 millions de Marocains âgés de 15 à 29 ans ne sont ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation. Le chômage atteint 29,2% chez les 15-24 ans, tandis que près de 300 000 élèves quittent chaque année le système scolaire sans diplôme. La cheffe du gouvernement a plaidé pour une politique intégrée permettant de renforcer la stabilité économique et sociale des jeunes.
Les modalités précises de leur intégration restent toutefois à détailler. Le programme devra désormais être examiné par les groupes parlementaires, notamment sur le financement des mesures annoncées, leur calendrier de mise en œuvre et leur capacité à produire des résultats durables en matière d’emploi.
MK/AK/Sf/APA





