Le président zambien Hakainde Hichilema a averti les compagnies minières que le gouvernement appliquerait le principe « exploiter ou perdre », en retirant les permis miniers laissés inactifs. Cette mesure vise à débloquer des projets à l’arrêt et à accélérer la réalisation de l’objectif national de production annuelle de trois millions de tonnes de cuivre.
S’exprimant lundi à Lusaka, lors du Forum zambien sur les mines et l’investissement 2026, le président Hakainde Hichilema a déclaré que les droits miniers ne devaient pas être conservés à des fins spéculatives, alors que le pays cherche à maximiser la contribution de ses ressources minérales à la croissance économique, aux investissements et à la création d’emplois.
Selon le chef de l’État zambien, l’objectif de trois millions de tonnes de cuivre par an est réalisable grâce à l’extension des opérations existantes, à la relance des projets suspendus et à l’intensification de l’exploration minière dans le pays.
Parmi les projets appelés à soutenir cette progression figure la relance des activités de Konkola Copper Mines, ainsi que le projet Konkola Deep Mining. Selon Hichilema, les parties prenantes sont convenues que ces opérations devraient contribuer à hauteur d’environ 300 000 tonnes à l’objectif national de production.
Le président a également évoqué la réouverture du projet minier de Kitumba, situé dans le district de Mumbwa, après le règlement de plusieurs années de litiges judiciaires. Il a présenté cette évolution comme un exemple de la manière dont la levée des obstacles à l’investissement peut relancer l’activité économique et attirer de nouveaux capitaux.
Pour soutenir l’exploration et les investissements, le gouvernement a consacré près de 100 millions de dollars à une campagne nationale de cartographie géophysique à haute résolution couvrant l’ensemble du territoire zambien, soit 752 000 kilomètres carrés.
Cette initiative vise à réduire les risques liés à l’exploration et à fournir aux investisseurs des données géologiques plus précises.
Au-delà de l’augmentation de la production, Hakainde Hichilema a appelé les compagnies minières à renforcer leur contribution au développement local, notamment par la création d’emplois, le transfert de compétences et le recours aux fournisseurs nationaux.
Cet appel à une participation accrue des acteurs locaux a été relayé par plusieurs dirigeants régionaux présents au forum. Ils ont estimé que l’Afrique devait dépasser le modèle fondé sur l’exportation de minerais bruts et privilégier leur transformation sur le continent.
La ministre botswanaise des Mines et de l’Énergie, Bogolo Joy Kenewendo, a ainsi appelé les pays africains à investir dans la transformation, l’industrie manufacturière et les technologies afin de capter une plus grande part de la valeur issue de leurs ressources naturelles et d’accélérer l’industrialisation.
Elle a exhorté le Botswana, la Zambie et la République démocratique du Congo (RDC) à renforcer leur intégration régionale et à développer des infrastructures communes pour soutenir les industries liées aux minerais et les chaînes de valeur régionales.
Le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a également plaidé pour une coopération accrue entre les pays riches en ressources minérales. Il a estimé que la Zambie et la RDC devaient adopter des stratégies industrielles complémentaires autour de la ceinture cuprifère qui s’étend entre Kolwezi et Ndola.
Louis Watum Kabamba a notamment souligné les possibilités de développement de la fabrication de batteries et des chaînes de valeur des véhicules électriques. Il a également appelé à améliorer les infrastructures ferroviaires, à renforcer la coopération géologique et à intensifier la lutte contre le commerce illicite de minerais.
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