Entre 3 000 et 6 000 personnes ont manifesté samedi 17 octobre dans la capitale tunisienne contre la dégradation du pouvoir d’achat, les difficultés économiques et le recul des libertés publiques, à l’appel de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et de neuf autres organisations de la société civile.
La portée de cette mobilisation reste toutefois à mesurer, alors que l’opposition peine à s’organiser autour d’une alternative politique commune et que les manifestations demeurent irrégulières.
Le rassemblement, d’une ampleur notable dans un contexte de faible mobilisation de la rue, a réuni des syndicalistes, des militants des droits humains, des avocats et des citoyens. Parmi les organisations participantes figuraient la Ligue tunisienne des droits de l’homme et l’Ordre des avocats. Cette mobilisation intervient alors que les difficultés économiques et les tensions politiques alimentent les inquiétudes d’une partie de la société tunisienne.
Devant le siège de l’UGTT, le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Bassem Trifi, a dénoncé la dégradation de la situation économique et les atteintes aux droits fondamentaux. Il a estimé que les politiques gouvernementales avaient échoué et appelé à un changement. Selon lui, les syndicats et les organisations civiles sont en mesure de proposer des alternatives économiques et sociales, sans toutefois disposer d’une solution politique permettant de gouverner.
La mobilisation a également donné la parole à des jeunes confrontés aux difficultés du quotidien. Un étudiant en médecine, venu manifester en tant que citoyen, a exprimé ses préoccupations face à la dégradation des hôpitaux et des services de santé publique. Il a plaidé pour une convergence des forces sociales autour d’un objectif commun : améliorer les perspectives d’avenir du pays. Un étudiant en droit, Amine, a pour sa part regretté que la participation soit restée inférieure à ses attentes, malgré les appels relayés sur les réseaux sociaux.
Les revendications économiques ont occupé une place importante dans le rassemblement. Les manifestants ont dénoncé la hausse du coût de la vie, notamment celle de certains légumes, de la volaille et de la viande rouge, dont les prix pèsent sur les dépenses des ménages. Ces tensions sur le panier alimentaire s’ajoutent aux difficultés économiques persistantes et nourrissent le mécontentement social.
Au-delà du pouvoir d’achat, les slogans dirigés contre le gouvernement et le président Kaïs Saïed ont traduit une contestation plus large des orientations politiques du pays. La participation de plusieurs organisations syndicales et de défense des droits humains témoigne d’une volonté de fédérer les revendications sociales et démocratiques.
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