Le prédicateur kényan Paul Mackenzie, accusé d’être impliqué dans la mort de 191 personnes dans le cadre du massacre de Shakahola, attend lundi le verdict du tribunal, aux côtés de 29 coaccusés poursuivis dans cette affaire.
Verdict attendu ce lundi dans le dossier des 191 morts de Shakahola, au Kenya. Selon l’accusation, les victimes, dont 190 enfants, auraient été contraintes de se laisser mourir de faim dans le cadre d’un rituel religieux présenté comme un moyen d’accéder au salut et de rencontrer Jésus.
Les prévenus, parmi lesquels figurent plusieurs membres de la congrégation dirigée par Mackenzie, ont plaidé non coupables. Ils ont rejeté les accusations selon lesquelles les fidèles auraient été contraints de jeûner jusqu’à la mort, ainsi que les charges de terrorisme, de radicalisation et de privation d’éducation des enfants.
L’affaire a éclaté en avril 2023, lorsque la police kényane a découvert des fosses communes dans la forêt de Shakahola, dans le sud-est du pays. Les recherches menées sur ce site ont permis de retrouver plus de 400 corps, faisant de cette affaire l’une des plus graves tragédies liées à une secte religieuse au Kenya.
Les victimes étaient des adeptes de l’Église Good News International Ministries, fondée en 2003 par Paul Mackenzie, qui prêchait notamment sur la « fin des temps » et la nécessité de se préparer à l’au-delà.
Selon les éléments rapportés dans le cadre de l’enquête, la secte imposait à ses membres des règles strictes, notamment l’interdiction de fréquenter l’école et le rejet de la médecine moderne, considérée comme maléfique. Les femmes devaient également respecter des prescriptions vestimentaires et physiques, dont le crâne rasé et l’interdiction de se maquiller.
Bien que son église ait fermé ses portes en 2019, Mackenzie avait poursuivi ses activités religieuses dans la forêt de Shakahola, où des fidèles venus de différentes régions du Kenya s’étaient installés.
Le procès doit permettre à la justice kényane de se prononcer sur les responsabilités pénales du prédicateur et de ses coaccusés dans cette affaire qui a profondément choqué le pays.
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