En République démocratique du Congo (RDC), les enfants sont particulièrement touchés par l’épidémie d’Ebola au Nord-Kivu. Médecins sans frontières (MSF) alerte sur une mortalité pédiatrique élevée et dénonce l’exclusion des plus jeunes des campagnes de vaccination et des traitements expérimentaux.
L’épidémie d’Ebola qui sévit au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, fait peser une lourde menace sur la santé des enfants. Selon les données communiquées par Médecins sans frontières (MSF), le taux de mortalité pédiatrique a atteint 80 % au centre de traitement d’Ebola de Butembo entre juin et septembre 2026.
Sur les 30 enfants pris en charge durant cette période, seuls six ont survécu. Les enfants représentent par ailleurs près de 24 % des cas confirmés dans la province, illustrant leur forte exposition au virus.
Face à cette situation alarmante, MSF appelle les autorités congolaises, les instituts de recherche, les entreprises pharmaceutiques et les bailleurs de fonds internationaux à accorder une attention prioritaire aux besoins spécifiques des enfants dans la riposte contre Ebola.
Des soins adaptés aux enfants
La prise en charge des jeunes patients infectés par Ebola nécessite des compétences pédiatriques particulières. Les doses de médicaments, l’administration des liquides et le traitement des complications, notamment l’hypoglycémie et la déshydratation, doivent être adaptés à l’âge et à l’état de chaque enfant.
Or, selon MSF, de nombreux soignants ne disposent pas d’une expérience suffisante dans la prise en charge pédiatrique de cette maladie. Le manque de recommandations précises sur les posologies et la disponibilité limitée de formulations adaptées aux enfants compliquent davantage les soins.
À ces difficultés médicales s’ajoute la détresse psychologique liée à l’isolement. Certains enfants, trop jeunes pour comprendre leur situation, peinent à s’alimenter seuls, à se déplacer ou à exprimer leurs besoins.
Pour atténuer cette souffrance, MSF a aménagé des espaces permettant aux parents de communiquer avec leurs enfants hospitalisés à travers des vitres de protection. L’organisation mobilise également des accompagnants formés, dont certains sont des survivants d’Ebola, afin d’apporter un soutien humain et affectif aux jeunes patients.
Les enfants exclus des avancées médicales
Malgré leur vulnérabilité, les enfants restent largement à l’écart des essais cliniques, des campagnes de vaccination et des traitements expérimentaux déployés depuis le début de l’épidémie, déclarée il y a cinq mois, selon le communiqué de MSF.
Pour l’organisation humanitaire, cette exclusion constitue une lacune majeure dans la réponse sanitaire. Les enfants ne devraient pas attendre que les données scientifiques soient d’abord établies chez les adultes avant de pouvoir bénéficier des progrès médicaux.
MSF demande ainsi que les besoins pédiatriques soient intégrés dès les premières phases de la recherche sur le virus Bundibugyo, notamment dans l’évaluation des vaccins, des traitements et des autres outils de prévention.
Prévenir les contaminations dans les structures de santé
L’organisation souligne également le risque de transmission d’Ebola dans les établissements sanitaires. Plusieurs enfants admis au centre de traitement de Butembo avaient auparavant été hospitalisés dans d’autres structures pour des maladies différentes. MSF estime qu’ils ont pu y contracter le virus, en l’absence de cas signalés dans leur entourage familial.
Le renforcement des mesures de prévention et de contrôle des infections apparaît donc indispensable. Chez les enfants, les premiers symptômes peuvent être confondus avec ceux de maladies courantes, retardant le diagnostic et favorisant la transmission au sein des structures de soins.
Enfin, MSF rappelle que la lutte contre Ebola ne doit pas entraîner l’abandon des autres services de santé essentiels. Le maintien de la vaccination de routine, des programmes de nutrition et des soins de santé primaires demeure crucial pour protéger les enfants contre la malnutrition et les maladies évitables.
Face à cette crise, l’organisation appelle à une riposte plus inclusive, associant soins adaptés, soutien psychologique, prévention des infections et accès équitable aux innovations médicales. Pour MSF, protéger les enfants contre Ebola exige de ne laisser aucun jeune patient en marge des efforts de recherche et de traitement.
TE/Sf/APA





