L’Érythrée a appelé l’Union africaine (UA) à prendre des mesures immédiates pour rétablir sa représentation auprès de l’organisation continentale, après l’expulsion de dix de ses diplomates par l’Éthiopie, sur fond de dégradation des relations entre les deux pays voisins de la Corne de l’Afrique.
Dans une lettre adressée jeudi à l’UA et à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), le ministère érythréen des Affaires étrangères a réclamé la réouverture de sa représentation diplomatique en Éthiopie, dénonçant une atteinte aux droits de son pays en tant que membre de l’organisation, notamment en matière de participation à ses activités.
Selon le document, l’expulsion du représentant permanent de l’Érythrée et de plusieurs diplomates chargés des relations avec les deux institutions a empêché Asmara d’exercer pleinement ses prérogatives au sein de l’UA et de la CEA.
Le 1er octobre, les autorités éthiopiennes avaient déclaré persona non grata dix diplomates érythréens en poste à Addis-Abeba. Parmi eux figuraient un représentant permanent accrédité auprès de l’UA et de la CEA, ainsi que trois membres du personnel diplomatique chargés des relations avec ces organisations.
Le gouvernement érythréen rappelle que l’UA repose sur le principe de l’égalité souveraine de ses États membres et estime que les droits de représentation d’un pays ne peuvent être compromis par la décision unilatérale d’un autre membre.
Asmara demande ainsi à la Commission de l’UA de saisir d’urgence le Conseil exécutif et la Conférence des chefs d’État et de gouvernement afin que des mesures soient prises pour rétablir sa représentation et garantir sa pleine participation aux activités de l’organisation.
La lettre invoque également la Convention générale de 1965 sur les privilèges et immunités de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), estimant que l’expulsion des diplomates entrave l’exercice des fonctions officielles de l’Érythrée au siège de l’Union.
Cette démarche intervient dans un contexte de fortes tensions entre Addis-Abeba et Asmara. Plus tôt en octobre, l’Éthiopie avait annoncé la fermeture de son ambassade dans la capitale érythréenne, invoquant des actes d’hostilité et de belligérance attribués à l’Érythrée.
En réaction, les autorités érythréennes ont annoncé la rupture complète des relations bilatérales, accentuant les inquiétudes sur l’évolution des relations entre les deux pays.
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