Le prix Nobel de littérature Wole Soyinka a exhorté la Commission des plaintes du public (Public Complaints Commission, PCC) à faire de l’exécution des décisions de justice une priorité, afin de combler le fossé entre le prononcé d’un jugement et sa mise en œuvre effective.
Lors de la première conférence annuelle des médiateurs nigérians, organisée jeudi à Abuja par la PCC, Wole Soyinka a dénoncé les retards dans l’exécution des décisions de justice. Il a souligné que, bien souvent, des victimes décèdent avant même de pouvoir bénéficier des décisions obtenues au terme de longues années de batailles judiciaires.
Abordant le thème de la conférence, intitulé « Mise en place de systèmes et conformité : un facteur clé de la bonne gouvernance », Wole Soyinka s’est interrogé : « Comment se fait-il que nous ne puissions pas garantir l’application effective d’une décision de justice, entre le plaignant, le jugement lui-même, les magistrats, l’appareil judiciaire et la victime ? »
Il s’est étonné que des décisions de justice soient ignorées par des organismes publics, alors même qu’elles ont été rendues par des tribunaux compétents.
« Comment expliquer que des personnes que nous connaissons soient décédées sans jamais voir aboutir leurs efforts pour obtenir justice ? », a-t-il demandé.
Wole Soyinka a cité des cas dans lesquels des citoyens ont attendu des années avant que des organismes publics se conforment à des injonctions judiciaires, notamment celles ordonnant la restitution de passeports confisqués.
Qualifiant ces retards de « remède après la mort », il a mis la PCC au défi de faire de la résolution de ce problème une priorité absolue.
Le prix Nobel a affirmé que des progrès dans ce domaine contribueraient à restaurer la confiance du public dans le système judiciaire nigérian.
« Si vous parvenez à résoudre ce problème, croyez-moi, je mourrai heureux », a-t-il déclaré.
En réponse, l’émir de Lafia, Sidi Bage Muhammad I, également président du Conseil des chefs traditionnels de l’État de Nasarawa, a attribué ce phénomène à un manque de discipline et à une gouvernance défaillante.
Cet ancien juge de la Cour suprême a rappelé qu’il existait déjà des règles régissant l’exécution des décisions de justice. Il a ajouté que les responsables publics ne devraient pas avoir besoin qu’on leur rappelle à maintes reprises leur obligation de se conformer aux décisions des tribunaux.
Il a désigné les détenteurs de l’autorité comme les « véritables coupables », leur reprochant de refuser de respecter les décisions et les injonctions de la justice.
Sidi Bage a souligné que les dirigeants devaient montrer l’exemple en se conformant aux décisions judiciaires s’ils attendaient des simples citoyens qu’ils en fassent autant.
« Une fois qu’une décision a été rendue par un tribunal, il ne devrait pas être nécessaire de vous rappeler, encore et encore, que vous êtes tenus de vous y conformer », a-t-il conclu.
GIK/fss/te/APA





