La valorisation des céréales locales et l’amélioration de leur transformation sont au cœur des échanges de FlourRising Africa, dont les travaux, entamés mardi à Dakar, s’achèvent ce mercredi 14 octobre 2026.
Au rendez-vous à Dakar, dans le cadre de l’initiative FlourRising Africa, des meuniers, des boulangers, des fabricants de pâtes alimentaires, des scientifiques et des fournisseurs d’équipements autour des défis de la filière céréalière et des perspectives de l’industrie agroalimentaire africaine.
Les échanges portent notamment sur la qualité du blé, l’utilisation du mil, du maïs et du sorgho, la conservation des grains, les technologies d’analyse de la farine et la formation des professionnels. L’objectif est également de réfléchir à la contribution de l’industrie à l’alimentation de la population africaine à l’horizon 2050.
Pour Joffrey Campion, directeur commercial de Mühlenchemie pour l’Afrique francophone, une entreprise allemande spécialisée dans les solutions pour l’industrie meunière, l’enjeu est de rapprocher les acteurs de la chaîne de valeur afin de favoriser le partage d’expériences et l’accès aux solutions techniques.
« Le but, c’est de pouvoir connecter tous les acteurs de l’industrie, de créer une plateforme d’échange et de discuter des sujets d’actualité », a-t-il expliqué, soulignant l’importance des partenariats entre les meuniers, les transformateurs et les fournisseurs de solutions industrielles.
Il a également mis en avant les possibilités offertes par les céréales locales dans la fabrication de produits de boulangerie.
« C’est vraiment le but : montrer à nos clients qu’on peut utiliser les céréales locales et avoir aussi des produits de qualité », a déclaré Campion, en évoquant notamment le mil, le sorgho et le maïs utilisés dans les préparations présentées aux participants.
Renforcer la transformation locale
Au Sénégal, où les céréales traditionnelles occupent une place importante dans les habitudes alimentaires, le développement de leur transformation industrielle pourrait contribuer à diversifier l’offre alimentaire et à créer davantage de valeur ajoutée sur place.
Oussama Benjelloun, responsable de l’unité de production de pâtes alimentaires de la Société d’Industries et de Commerce (SENICO), entreprise agroalimentaire sénégalaise, a souligné l’importance de valoriser davantage les ressources agricoles africaines et de soutenir les industriels dans leur exploitation.
« L’objectif, c’est de profiter de nos ressources africaines pour nourrir les Africains », a-t-il déclaré, estimant que le potentiel agricole du continent pourrait être davantage valorisé avec des politiques publiques adaptées et un meilleur accès aux compétences techniques.
« Si on est accompagné par les États, avec toutes les ressources techniques et les experts qu’on a en Afrique, on pourra y arriver », a-t-il ajouté.
La transformation des céréales locales suppose toutefois de répondre à plusieurs contraintes, notamment la régularité de l’approvisionnement, l’homogénéité de la qualité des matières premières, les capacités de stockage et les exigences des procédés industriels. Ces facteurs conditionnent la capacité des entreprises à proposer des produits compétitifs et à développer des débouchés durables pour les producteurs.
La conservation des grains, un maillon essentiel
Au-delà de la production et de la transformation, la préservation des céréales constitue un autre défi pour la sécurité alimentaire. Les pertes liées aux mauvaises conditions de stockage et aux attaques d’insectes peuvent affecter la qualité des grains et réduire leur disponibilité pour les industries agroalimentaires.
Responsable du marché export chez Envu, une entreprise spécialisée notamment dans les solutions d’hygiène et de santé publique, Sarah De Souza a souligné l’importance de la protection des stocks tout au long de la chaîne de valeur.
« Il suffit d’un rien pour ruiner toute la chaîne de valeur. Produire, c’est une réussite ; protéger, c’est encore mieux », a-t-elle déclaré, évoquant les risques liés notamment aux charançons et la nécessité d’accompagner les professionnels dans la conservation des céréales.
Elle a également relevé l’intérêt suscité par ces questions auprès des participants, estimant que les échanges techniques pouvaient aider les acteurs à mieux identifier les solutions adaptées à leurs besoins.
La préservation de la qualité des grains, le développement de procédés de transformation adaptés aux céréales locales et la formation des professionnels figurent ainsi parmi les leviers à consolider pour renforcer les chaînes de valeur africaines.
FlourRising Africa doit se poursuivre jusqu’à mercredi avec des sessions consacrées aux applications pratiques en boulangerie et dans la fabrication des pâtes alimentaires, avant une table ronde sur l’avenir de la meunerie et de la boulangerie en Afrique.
SS/te/Sf/APA





