Au Soudan, la crise alimentaire s’aggrave sous l’effet conjugué de la guerre et d’une sécheresse exceptionnelle liée au phénomène climatique El Niño.
Alors que des millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, des experts internationaux alertent sur le risque d’extension de la famine dans plusieurs régions du Soudan. Les combats, les difficultés d’accès à l’aide humanitaire et le manque de financements accentuent la détresse des populations.
Dans une alerte publiée lundi, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) met en garde contre une dégradation rapide de la situation nutritionnelle dans plusieurs régions du Darfour et du Kordofan. Dans des camps de déplacés du Darfour-Sud, les enquêtes réalisées entre août et septembre révèlent des taux de malnutrition aiguë de 38 % et 30,8 % chez les enfants de moins de cinq ans.
La sécheresse compromet également les récoltes et menace les moyens de subsistance des populations. Au Darfour-Nord, 64 % des terres cultivées présentent une végétation anormalement faible. La raréfaction des pâturages et la diminution des activités agricoles risquent ainsi d’aggraver la hausse des prix alimentaires et la perte de revenus des ménages.
Pour rappel, la guerre au Soudan a éclaté en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR). Le conflit a provoqué des déplacements massifs de populations et une grave crise humanitaire. En août 2024, la famine a été déclarée dans un camp de déplacés du Darfour-Nord. En mai 2026, selon l’IPC, près de 19,5 millions de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Aujourd’hui, la sécheresse vient aggraver cette situation, tandis que les difficultés d’acheminement des secours et le déficit de financement humanitaire limitent la réponse à la crise.
DM/Sf/APA





