Douze membres de la Chambre des représentants libyenne réclament le transfert des sessions parlementaires à Tripoli et l’organisation d’un nouveau scrutin pour élire la présidence de l’institution, dénonçant des pressions militaires et politiques sur le processus législatif.
Douze députés de la région occidentale de la Libye ont appelé à la tenue des séances de la Chambre des représentants dans la capitale, Tripoli, afin de garantir la transparence des débats et la liberté de vote des parlementaires.
Dans leur déclaration, ils ont exigé que les élus puissent exercer leur mandat sans menaces, ingérences ni contraintes extérieures, dans un contexte marqué par la persistance des divisions institutionnelles et politiques du pays.
Les signataires réclament également de nouvelles élections à la présidence de la Chambre et au sein de sa direction. Ils estiment que le choix des responsables parlementaires doit procéder exclusivement de la volonté des députés, sans intervention des autorités militaires, sécuritaires ou politiques. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient d’imposition d’un fait accompli et rappellent que les institutions militaires et de sécurité ont vocation à protéger l’État, et non à orienter ses décisions politiques.
Cette contestation intervient alors que la légitimité de la nouvelle direction parlementaire fait l’objet de désaccords. Le député d’Al-Zawiya, Ali Abu Zriba, a ainsi déclaré ne pas reconnaître l’élection de cette direction et appelé ses collègues à participer à une session prévue à Tripoli la semaine suivante. D’autres parlementaires soutiennent que le nouveau président de la Chambre n’a pas été élu par les députés, mais imposé sous l’influence du commandement général des forces dirigées par le maréchal Khalifa Haftar. Selon eux, le scrutin aurait uniquement porté sur les postes de premier vice-président, de deuxième vice-président et de rapporteur parlementaire.
Au-delà de la controverse sur la direction de la Chambre, les députés signataires appellent à l’organisation d’élections présidentielles et législatives dans les meilleurs délais. Leur objectif affiché est de mettre fin à une transition politique prolongée, qui entretient les rivalités entre les centres de pouvoir et fragilise le fonctionnement des institutions nationales. Ils insistent également sur l’indépendance de la justice et sur la nécessité de préserver l’unité du pouvoir judiciaire, mettant en garde contre toute initiative susceptible d’aggraver ses divisions.
Les parlementaires affirment enfin que leur demande de tenir les sessions à Tripoli ne vise pas à privilégier la capitale au détriment des autres villes libyennes. Ils présentent cette démarche comme une tentative de soustraire le travail législatif aux pressions extérieures et de restaurer l’autorité des institutions civiles.
MK/AK/Sf/APA





