Le gouvernement malien a adopté deux projets de décret visant à encadrer la consommation énergétique des équipements électriques et des bâtiments. Les mesures prévoient notamment l’instauration d’un étiquetage énergétique obligatoire et le retrait progressif des appareils les plus énergivores.
Réuni vendredi sous la présidence du chef de l’État, Assimi Goïta, le Conseil des ministres a adopté deux projets de décret portant respectivement sur l’étiquetage énergétique des lampes et des appareils électroménagers neufs, ainsi que sur l’efficacité énergétique des bâtiments.
Le premier texte prévoit la mise en place d’un système normalisé d’information sur la consommation énergétique des équipements électriques commercialisés au Mali. Ce dispositif doit permettre aux consommateurs de comparer les performances des appareils et accompagner le retrait progressif du marché des équipements énergivores ou présentant de faibles performances énergétiques.
Le second texte fixe des exigences minimales en matière d’isolation thermique des bâtiments, ainsi que d’efficacité énergétique des systèmes de climatisation et d’éclairage. Il concerne notamment les professionnels du secteur de la construction, les propriétaires immobiliers et les administrations chargées du contrôle de conformité des bâtiments.
Ces dispositions transposent deux directives adoptées le 26 juin 2020 par le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Elles s’inscrivent dans un programme régional visant à réduire la consommation d’électricité et à harmoniser les normes énergétiques dans les huit États membres de l’Union.
Le communiqué du gouvernement ne précise toutefois pas le calendrier d’entrée en vigueur des mesures, les catégories exactes d’appareils concernées ni les modalités de contrôle du marché. Ces précisions permettront de déterminer les obligations applicables aux importateurs, aux distributeurs et aux professionnels de la construction.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par les difficultés persistantes du système électrique malien, confronté à une offre limitée et à une demande croissante. Selon les données de la Banque mondiale, 49,5 % de la population avait accès à l’électricité en 2024.
Parallèlement, Bamako poursuit les efforts de modernisation de son réseau électrique. En août, un financement additionnel de 19,74 milliards de francs CFA a été approuvé pour l’acquisition d’un poste électrique mobile et le renforcement de plusieurs lignes autour de la capitale.
En agissant sur la consommation des équipements et des bâtiments, les autorités maliennes entendent ainsi compléter les investissements consacrés à la production et au transport de l’électricité par des mesures visant à mieux maîtriser la demande énergétique.
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