Le paysage des télécommunications en Côte d’Ivoire connaît une expansion fulgurante. Invité ce mardi 29 septembre 2026, de la tribune hebdomadaire « Tout savoir sur » du Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG), Bamba Aliou, directeur de la gestion des fréquences à l’Agence ivoirienne de gestion des fréquences radioélectriques (AIGF), a dressé un bilan chiffré impressionnant de l’évolution du secteur.
Animant ce rendez-vous autour du thème « La gestion et le contrôle des fréquences radioélectriques », le Dr Bamba Aliou a d’abord fait savoir que les fréquences constituent « une ressource rare » appartenant au domaine public. C’est dans ce cadre que l’AIGF assure ses missions de planification, d’attribution et de contrôle pour le compte de l’État.
Les chiffres clés partagés témoignent de cette accélération technologique : entre 2022 et 2025, le nombre de stations radioélectriques autorisées chaque année est passé de 562 à plus de 2 000, tandis que le nombre de sites a bondi de 321 à près de 700.
Cette explosion s’est accompagnée d’un renforcement des contrôles. « Sur la même période, nous avons contrôlé plus de 1 500 sites par an en 2025, traité 54 cas de brouillage, contrôlé 154 navires et plateformes en mer, et notifié près de 770 assignations de fréquences à l’Union Internationale des Télécommunications », a précisé le conférencier.
La santé publique reste au cœur des priorités de l’agence. Dans le cadre de la protection contre l’exposition aux ondes électromagnétiques, 3 400 points de mesure ont été effectués dans une cinquantaine de localités en 2025, des résultats vulgarisés auprès du grand public à travers la campagne « AIGF Tour ».
Pour aller plus loin, l’AIGF mise sur la numérisation. L’institution s’apprête à lancer la phase test d’un système de contrôle et de gestion automatique du spectre dans 5 villes. De plus, dès cette période, des capteurs spécifiques sont installés dans les établissements recevant du public, notamment à l’aéroport, afin de surveiller en temps réel le niveau d’exposition des populations aux radiations.
Aujourd’hui, le taux de couverture de la Côte d’Ivoire en fréquences radioélectriques atteint environ 95 %, combinant la 2G pour la voix, la 3G pour l’internet mobile et la 4G pour le haut débit. L’avenir immédiat s’écrit désormais avec la 5G et les technologies satellitaires.
« Nous vivons enfin un moment charnière. Le déploiement de la 5G a été officiellement autorisé le 10 septembre dernier, et l’AIGF avait mis les bandes de fréquences nécessaires à disposition dès mai 2022. Les constellations de satellites en orbite basse ouvrent elles aussi de nouvelles perspectives », s’est réjoui Bamba Aliou.
Il a rappelé que ces enjeux étaient au centre du récent Forum des radiocommunications au Parc des expositions. L’objectif affiché par l’AIGF reste clair : garantir un spectre sain, protéger les citoyens et accompagner la transformation numérique de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2030.
AP/APA





