Plusieurs pays d’Amérique Latine ont récemment fait évoluer ou réaffirmé leurs positions sur la question du Sahara en faveur du Maroc et de son initiative d’autonomie, une dynamique qui s’accompagne désormais d’annonces diplomatiques et économiques, allant de l’ouverture de représentations à Dakhla à de nouvelles perspectives commerciales.
En Amérique où il y a un regain des soutiens au Plan d’autonomie marocain, le Chili figure parmi les pays ayant affiché cette semaine une position particulièrement explicite. Dans un communiqué conjoint signé le 21 septembre à New York, Santiago a exprimé son soutien à « la souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de son territoire, y compris la région du Sahara ».
Les autorités chiliennes considèrent également l’initiative d’autonomie proposée par Rabat en 2007 comme une base pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable au différend.
Cette évolution intervient après plusieurs prises de position chiliennes allant dans le même sens, notamment au niveau du ministère des Affaires étrangères et du Sénat. Elle comporte aussi un volet économique, Rabat et Santiago ayant affiché leur volonté de développer les échanges et les investissements dans les provinces du Sud du Maroc.
Les deux pays ont également engagé des préparatifs en vue de négociations sur un accord de libre-échange.
Le Pérou se rapproche de Rabat
Au Pérou, la dynamique s’est également accélérée. Lima a décidé de soutenir la souveraineté marocaine sur le Sahara et prévoit l’ouverture d’un consulat à Dakhla, selon des déclarations du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.
Cette évolution intervient trois ans après le retrait, en 2023, de la reconnaissance par le Pérou de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
Le Congrès péruvien avait également adopté des résolutions appelant à soutenir l’intégrité territoriale du Maroc et l’initiative d’autonomie proposée par le Royaume.
La Bolivie envisage un bureau commercial à Dakhla
La Bolivie a, de son côté, pris note de la proposition marocaine d’autonomie dans un communiqué conjoint signé le 24 septembre.
La Paz estime que cette initiative peut contribuer à faire avancer les négociations vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.
Au-delà de cette position politique, la Bolivie s’est déclarée disposée à ouvrir une représentation diplomatique à Rabat ainsi qu’un bureau commercial à Dakhla.
Ce dernier pourrait notamment servir de plateforme pour faciliter l’accès des produits boliviens aux marchés africains, donnant ainsi une dimension économique au rapprochement entre les deux pays.
Équateur et Panama confirment leur évolution
L’Équateur poursuit, pour sa part, le repositionnement amorcé en octobre 2024 avec la suspension de sa reconnaissance de la RASD.
Quito a réaffirmé son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, qu’il présente comme une solution sérieuse, crédible et réaliste au différend, tout en renouvelant son appui aux efforts conduits dans le cadre des Nations Unies.
Le Panama a également réitéré sa position. Premier pays d’Amérique latine à avoir reconnu la RASD en 1978, il avait suspendu ses relations diplomatiques avec cette entité en novembre 2024.
Le Panama a depuis réaffirmé sa position favorable à la souveraineté marocaine sur le Sahara et indiqué que la juridiction de son ambassade à Rabat couvre l’ensemble du territoire marocain, y compris les provinces du Sud.
Une tendance plus large dans la région
Ces évolutions s’ajoutent aux positions exprimées ces dernières années par plusieurs institutions et responsables politiques d’Amérique Latine.
Au Paraguay, les deux chambres du Parlement ont adopté des résolutions soutenant l’intégrité territoriale du Maroc et son initiative d’autonomie.
Au Brésil, le Sénat s’est prononcé en faveur de la proposition marocaine, tandis que la diplomatie brésilienne a salué les efforts du Royaume en faveur d’un règlement politique.
En Colombie, des responsables du Congrès ont également exprimé leur soutien à l’intégrité territoriale du Maroc et plaidé pour un approfondissement des relations entre les deux pays.
La multiplication de ces prises de position traduit une évolution des rapports entre Rabat et plusieurs capitales latino-américaines. Elle ne se limite plus aux déclarations politiques, mais se prolonge par des projets de représentations diplomatiques et consulaires, ainsi que par des initiatives commerciales et d’investissement.
Cette dynamique intervient dans le prolongement d’un rapprochement engagé depuis plus de deux décennies entre le Maroc et l’Amérique latine. La tournée effectuée en 2004 par le roi Mohammed VI dans plusieurs pays de la région avait marqué une étape importante dans le développement des relations politiques, économiques et culturelles entre les deux rives de l’Atlantique.
Les annonces enregistrées ces derniers jours témoignent désormais d’un approfondissement de ces relations, avec la question du Sahara parmi les principaux axes du dialogue entre Rabat et plusieurs pays latino-américains.
AK/Sf/APA





