Le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a accusé, samedi à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, des puissances étrangères de chercher à déstabiliser son pays et le Sahel, tout en réaffirmant la détermination de Niamey à défendre sa souveraineté.
Le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a accusé samedi, à la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, des puissances étrangères de mener une entreprise de déstabilisation du Niger et du Sahel.
« Ce qui se passe au Sahel n’est ni une simple rébellion armée, ni une guerre de religion, ni une fatalité issue de nos propres faiblesses », a-t-il déclaré, présentant les violences dans la région comme une entreprise de « récolonisation » motivée, selon lui, par la convoitise des ressources naturelles du Sahel.
Il a notamment cité l’uranium du Niger, l’or du Mali et du Burkina Faso, ainsi que le lithium, le gaz et le pétrole parmi les ressources suscitant, selon lui, les convoitises des anciennes puissances coloniales.
Le Premier ministre a directement mis en cause la France et l’Ukraine, affirmant que des « proxys » soutenus par ces pays se trouvaient aux frontières nord-est du Niger et se préparaient à attaquer des positions militaires et des installations pétrolières.
« Ces proxys sont armés, guidés, conduits sur le point d’attaquer nos positions militaires et nos installations du pétrole, mais ils trouveront ce qu’ils méritent en face », a-t-il déclaré.
Ali Mahamane Lamine Zeine a également accusé la France d’avoir, avec la « complicité active de l’Ukraine », conduit une entreprise de déstabilisation du Sahel central.
Il a assuré que le Niger était déterminé à défendre sa liberté, ses ressources et sa souveraineté, affirmant qu’« un peuple qui a décidé d’être libre ne peut être récolonisé ni par la peur, ni par la ruse, ni même par la violence sauvage ».
Le chef du gouvernement nigérien a toutefois affirmé que son pays « ne cherche l’affrontement avec aucun pays » et restait ouvert à toute coopération sécuritaire tenant compte de ses intérêts stratégiques, de l’intérêt réciproque et du respect de sa souveraineté.
Il a présenté l’Alliance des États du Sahel (AES) comme un processus « irréversible » vers la souveraineté du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
« La souveraineté de nos États n’est pas négociable. Nos ressources appartiennent à notre peuple, à nos peuples. Notre avenir ne se décidera plus ailleurs », a-t-il déclaré.
Ali Mahamane Lamine Zeine a rappelé que le Niger, le Mali et le Burkina Faso avaient signé la Charte de l’Alliance des États du Sahel le 16 septembre 2023 à Bamako, avant de créer la Confédération des États du Sahel le 6 juillet 2024 à Niamey.
Il a indiqué qu’une force unifiée de 5 000 hommes menait une lutte coordonnée sur les trois territoires, avec une capacité de mobilisation pouvant atteindre 15 000 hommes.
Le Premier ministre a également cité la création d’une banque confédérale d’investissement, la mise en circulation d’un passeport confédéral biométrique et la tenue, du 26 au 29 août 2026 à Niamey, des premières sessions du Parlement confédéral.
Revenant sur la situation sécuritaire au Niger, il a évoqué l’attaque survenue dans la nuit du 28 au 29 août 2026 contre les institutions du pays.
« Les investigations sont d’ailleurs en cours (…) afin d’établir les circonstances, les responsabilités et les soutiens internes et externes liés à cette tentative », a-t-il déclaré.
Il a ajouté qu’à l’issue de ces investigations, le Niger se réservait le droit de saisir les mécanismes compétents, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international, pour défendre sa souveraineté.
Sur la situation au Moyen-Orient, le Premier ministre nigérien a exprimé la préoccupation de son pays face à la situation à Gaza, appelant à la protection des civils et à un accès humanitaire sans entrave.
Il a également réaffirmé le soutien du Niger à une solution à deux États permettant à la Palestine et à Israël de vivre côte à côte « dans la paix, la sécurité et la dignité ».
Ali Mahamane Lamine Zeine a, par ailleurs, demandé une réforme de la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations Unies, estimant que le continent ne disposait toujours pas d’un siège permanent, 81 ans après la création de l’Organisation.
Sur le plan économique, il a affirmé que le Niger avait repris le contrôle de ses ressources naturelles et entendait commercialiser son uranium sur le marché international, « en toute transparence » et dans le respect de ses obligations de non-prolifération des armes nucléaires.
Il a également mis en avant la croissance économique de 7 % enregistrée, selon lui, en 2025, portée notamment par le pétrole et l’agriculture, ainsi que la baisse de l’inflation de 9,1 % en 2024 à 4,7 %.
Le Premier ministre a enfin cité l’Algérie, le Togo, la Türkiye, le Maroc, la Russie et la Chine parmi les partenaires du Niger, réaffirmant la volonté de Niamey de développer des relations fondées sur « l’égalité, la réciprocité et l’intérêt mutuel ».
« Le Niger a son droit souverain de choisir librement ses partenaires. Ce droit est inaliénable. Il ne se négocie pas », a-t-il conclu.
AC/Sf/APA





