La FAO a remis vendredi au Sénégal 521 équipements de chaîne du froid destinés à améliorer la conservation, le transport et le suivi des vaccins vétérinaires, un maillon essentiel pour garantir l’efficacité des campagnes de vaccination du cheptel.
D’une valeur estimée à plus de 45 000 dollars, soit environ 25,2 millions de francs CFA, 521 Equipement de conservation des vaccins vétérinaires ont été remis au ministère sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, lors d’une cérémonie à Diamniadio coprésidée par le ministre Dr Cheikhou Oumar Ba et Bintia Stephen Tchicaya, représentante de la FAO au Sénégal et coordonnatrice du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest.
L’enjeu est majeur : un vaccin exposé à une chaleur excessive ou à une congélation accidentelle peut perdre son efficacité sans signe visible.
« Garantir que chaque dose de vaccin administrée à nos animaux soit une dose efficace » constitue ainsi un enjeu essentiel pour le Sénégal, a déclaré le ministre.
Un diagnostic qui appelle des mesures durables
La dotation fait suite à une étude conduite en 2025 par la FAO, en collaboration avec la Direction des services vétérinaires. Au Sénégal, 283 acteurs ont participé à l’enquête, avec un taux de réponse de 70 %.
Le diagnostic révèle notamment une perte de titre vaccinal de 13 % sur les reliquats de la campagne 2024-2025, représentant environ 349 millions de francs CFA de pertes annuelles. Quelque 46 % des répondants ne disposent d’aucune méthode de surveillance de la température, tandis que 80 % n’utilisent aucun outil de suivi. En moyenne, 25 % des équipements sont par ailleurs en panne ou en mauvais état.
La nouvelle dotation comprend 16 glacières isothermes, 300 accumulateurs de froid, 100 enregistreurs de température, 100 porte-vaccins et cinq équipements frigorifiques solaires. Ces derniers doivent notamment répondre aux difficultés d’alimentation électrique dans certaines zones, tandis que les équipements de transport sécuriseront le « dernier kilomètre » jusqu’aux sites de vaccination.
« Un équipement sans procédures, sans formation et sans maintenance ne suffit pas », a souligné Mme Tchicaya.
La FAO et le ministère prévoient ainsi de s’appuyer sur un plan d’action national de cinq ans, estimé à 4,58 millions de dollars, soit environ 2,75 milliards de francs CFA. Il prévoit notamment une politique nationale de la chaîne du froid vétérinaire, des procédures standardisées, la formation des agents, le renforcement de la maintenance et le remplacement progressif des équipements non conformes.
Selon l’étude, ramener les pertes de 13 % à 3 % permettrait d’économiser environ 268 millions de francs CFA par an et de protéger efficacement plus de 4 millions d’animaux supplémentaires chaque année.
Pour les autorités et la FAO, la maîtrise de la chaîne du froid constitue donc à la fois un enjeu sanitaire et économique : elle contribue à protéger le cheptel, les revenus des éleveurs et la santé publique face aux maladies animales et aux zoonoses.
TE/Sf/APA





