À l’ouverture de la deuxième édition de l’Ifriqiya Energy Hub, le secrétaire d’État tunisien, Wael Chouchene, a érigé les renouvelables et l’efficacité énergétique en priorité absolue, dans un pays fortement dépendant des importations.
Face à un déficit structurel et à une forte dépendance aux importations, la Tunisie entend transformer ses contraintes en levier de compétitivité industrielle, a expliqué le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Waël Chouchene. La stratégie repose sur le déploiement massif des renouvelables et le renforcement de l’efficacité énergétique, avec un appel à mobiliser capitaux publics et privés pour moderniser les réseaux, développer le stockage et innover.
L’urgence découle de la géologie. La Banque mondiale relève un recul de 8,2 % de l’extraction d’hydrocarbures, lié à l’épuisement des gisements et au sous-investissement. Chaque baisse de la production nationale accroît les achats de gaz, principalement auprès de l’Algérie, et pèse sur la balance courante comme sur les finances de la (Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Un financement de 430 millions de dollars a récemment été mobilisé pour moderniser l’électricien public et sécuriser le réseau.
La vision affichée dépasse le cadre national. Rania Marzougui, administratrice déléguée à l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières «ETAP», a plaidé pour une diversification stricte des approvisionnements et une relance de la production, en présentant la Tunisie comme un futur hub régional grâce au renforcement des interconnexions avec l’Europe et ses voisins maghrébins. Le pays dispose d’atouts : sa position entre la Sicile et le Sahara, le transit du gazoduc algérien vers l’Italie et le projet d’interconnexion électrique ELMED (Electricité- Méditerranée) avec la péninsule.
Organisée par l’Association des professionnels de l’énergie (TENS), en partenariat avec l’ETAP et l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), sur le thème : « Leadership et coopération pour un avenir énergétique sûr et durable », l’Ifriqiya Energy Hub réunit décideurs africains et arabes autour de partenariats transfrontaliers. La Tunisie n’est toutefois pas seule à revendiquer ce rôle. Le Maroc, avec ses projets d’exportation d’électricité verte vers l’Europe et le gazoduc Nigéria-Maroc, et l’Égypte, avec ses interconnexions vers le Golfe et l’Europe, poursuivent la même ambition.
La différence se jouera sur la capacité à attirer l’investissement privé. Le cadre réglementaire des concessions, la solvabilité de l’acheteur public et le financement de réseaux capables d’absorber une production intermittente seront déterminants. Sur ces trois points, les discours d’intention devront se traduire en appels d’offres effectivement attribués.
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