L’écart entre les sexes en matière de productivité agricole coûte au Nigeria environ 2,3 milliards de dollars par an, soit près de 2 % du produit intérieur brut (PIB), selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Le responsable de la représentation de la FAO au Nigeria et auprès de la Cédéao, Jimmy Owani, a livré cette estimation mardi à Abuja, lors d’une cérémonie consacrée à la préparation de l’Année internationale de la femme agricultrice, proclamée pour 2026.
Selon M. Owani, la réduction des disparités entre hommes et femmes dans le secteur agricole constitue une opportunité pour accélérer la transformation de l’agriculture, renforcer la sécurité alimentaire et soutenir une croissance économique inclusive.
Il a appelé les autorités et les autres acteurs du système agroalimentaire à renforcer le leadership et le pouvoir économique des femmes.
« Les femmes sont au cœur des systèmes agroalimentaires », a-t-il déclaré, rappelant qu’elles représentent environ 41 % de la main-d’œuvre mondiale dans ce secteur, selon le rapport de la FAO sur la situation des femmes dans les systèmes agroalimentaires.
L’organisation souligne toutefois la persistance d’inégalités concernant notamment l’accès aux terres, au financement, aux services agricoles, aux technologies, aux marchés et aux espaces de décision.
La FAO estime que la réduction des écarts entre les sexes en matière de productivité et de salaires pourrait générer près de 1.000 milliards de dollars supplémentaires dans l’économie mondiale et contribuer à réduire l’insécurité alimentaire.
Au Nigeria, l’agriculture représente entre 22 et 25 % du PIB et constitue un moyen de subsistance pour plus de 70 % des ménages ruraux, a indiqué M. Owani.
Les femmes fournissent notamment 37 % de la main-d’œuvre dans la production végétale. Pourtant, les exploitations dirigées par des femmes affichent souvent une productivité inférieure, ce que le responsable de la FAO a attribué principalement aux disparités d’accès aux ressources plutôt qu’à des différences de compétences.
« Le coût de cette inégalité représente environ 2 % du PIB du Nigeria », a-t-il déclaré, appelant à considérer cette situation comme une opportunité de développement.
M. Owani a également plaidé pour une meilleure représentation des femmes dans les organisations de producteurs, les coopératives, les entreprises agroalimentaires, les institutions financières et les instances d’élaboration des politiques.
L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé 2026 Année internationale de la femme agricultrice afin de mettre en avant la contribution des femmes aux systèmes agroalimentaires et de promouvoir des mesures visant à réduire les obstacles auxquels elles sont confrontées.
GIK/fss/te/APA





