La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) a relevé une progression des résultats aux principaux examens scolaires de 2026, tout en appelant à une meilleure prise en compte des disparités entre les académies.
Dans son rapport d’analyse des résultats du CFEE, du BFEM et du baccalauréat, publié mardi à Dakar sous le thème « Apprendre de l’année 2025-2026 pour mieux réussir 2026-2027 », la COSYDEP préconise un accompagnement différencié des académies et un pilotage du système éducatif fondé sur les données.
Selon le document, le taux national de réussite s’est établi à 94,49 % au CFEE, 83,05 % au BFEM et 55,01 % au baccalauréat. La coalition invite toutefois à relativiser ces performances et à ne pas limiter l’évaluation du système éducatif aux seuls taux de réussite.
Au CFEE, la forte progression enregistrée est notamment liée au changement de nature de l’examen, organisé pour la première fois sans concours d’entrée en sixième. Au BFEM, le taux de réussite est passé de 53,37 % après le premier groupe à 83,05 % après le second groupe, soit un écart de près de 30 points.
Au baccalauréat, la COSYDEP souligne également le poids important du second groupe, puisque 50,9 % des admis provisoires ont obtenu leur diplôme à cette étape.
L’analyse fait par ailleurs ressortir de fortes disparités territoriales. Kédougou, Kolda, Matam et Tambacounda figurent parmi les académies les plus performantes, tandis que Kaffrine, Sédhiou, Louga, Diourbel et Pikine-Guédiawaye sont identifiées comme des académies nécessitant des mesures de remédiation renforcées.
La coalition relève également un déséquilibre dans les choix de séries au baccalauréat. Les séries littéraires regroupent 82,9 % des candidats, contre seulement 15,5 % pour les séries scientifiques et techniques, selon les données présentées dans le rapport.
Face à ces écarts, la COSYDEP recommande de rompre avec une approche uniforme et de mettre en place des politiques éducatives adaptées aux réalités propres à chaque académie, en tenant compte notamment de la performance, de l’équité et du poids du rattrapage.
Elle préconise aussi un suivi longitudinal des élèves, du CFEE au baccalauréat, afin de mieux mesurer les abandons, les redoublements et les ruptures de parcours. La mise en place d’un système d’information fournissant régulièrement des données actualisées par académie est également proposée.
À court terme, la coalition juge nécessaire l’instauration d’un tableau de bord national intégrant des indicateurs de performance et d’équité pour assurer un suivi rapproché des académies prioritaires.
Elle appelle enfin à renforcer la qualité des apprentissages à travers la consolidation du cycle fondamental, l’amélioration du quantum horaire, la réduction de la taille des classes et le renforcement des supports pédagogiques.
Pour la COSYDEP, les résultats de 2026 constituent ainsi une base d’analyse pour mieux orienter les politiques éducatives et améliorer durablement les performances du système scolaire sénégalais.
TE/Sf/APA





