L’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) montre des signes de ralentissement dans certaines zones, mais reste très active dans plusieurs provinces, notamment au Nord-Kivu, rendant prématurée toute conclusion sur un éventuel dépassement du pic.
Les efforts engagés pour contenir l’avancée d’Ebola en RDC commencent à produire des résultats, mais les agences des Nations Unies appellent à maintenir la pression face à une épidémie qui demeure « massive » et dont la maîtrise pourrait encore nécessiter plusieurs mois.
« Il est trop tôt pour affirmer avec certitude que nous avons dépassé le pic », a déclaré Olivier Le Polain, responsable de l’épidémiologie et de l’analyse des interventions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lors d’un point de presse à Genève.
Selon les données communiquées par l’OMS, la RDC avait enregistré, au 12 septembre, 7 200 cas et 3 475 décès répartis dans sept provinces et 62 zones sanitaires. Ces chiffres témoignent d’une épidémie toujours étendue, malgré les signes de ralentissement observés dans plusieurs territoires.
La situation demeure toutefois très contrastée selon les régions. Aucun nouveau cas confirmé n’a ainsi été signalé au Sud-Kivu depuis la fin du mois de mai, tandis que des signes précoces de réduction de la transmission apparaissent dans certaines zones de l’Ituri, province où l’épidémie avait été déclarée à la mi-mai.
« Les tendances à l’échelle nationale ne reflètent pas les tendances au niveau provincial ou local », a expliqué M. Le Polain, soulignant que certains foyers commencent à fléchir alors que d’autres connaissent encore une progression rapide.
Le Nord-Kivu sous surveillance
Le Nord-Kivu constitue actuellement l’un des principaux points de préoccupation pour les autorités sanitaires. L’OMS y observe une augmentation « importante » et « exponentielle » de la transmission, particulièrement dans l’axe urbain comprenant Butembo, Katwa et Beni.
Le nombre de nouveaux cas hebdomadaires y a presque doublé en deux semaines, passant d’environ 100 à plus de 200. Au 12 septembre, la province comptait 1 269 cas confirmés, dont 555 enregistrés au cours des 21 jours précédents.
D’autres provinces restent également sous surveillance. Le Haut-Uélé connaît une transmission locale établie, avec environ 30 à 40 nouveaux cas par semaine, tandis que le Tshopo rapporte des cas sporadiques, principalement importés.
La confirmation récente d’un nouveau cas au Sud-Ubangi illustre, par ailleurs, le risque d’une extension géographique de l’épidémie dans un pays marqué par une forte mobilité des populations.
Une riposte qui doit rester soutenue
Pour les agences onusiennes, les premiers signes d’amélioration ne doivent pas conduire à un relâchement de la riposte. L’évolution de la maladie peut rester instable et une baisse temporaire de la transmission peut être suivie d’une nouvelle accélération.
L’OMS souligne notamment que certains indicateurs essentiels, comme la proportion de décès survenant au sein des communautés et le taux de positivité des tests, ne présentent pas encore l’amélioration attendue.
« Nous savons par expérience qu’une épidémie peut présenter des signes précoces d’amélioration, puis repartir assez rapidement », a averti l’OMS.
Le coordonnateur spécial de l’ONU pour Ebola, Julien Harneis, a ainsi appelé à renforcer les moyens consacrés à la riposte sanitaire et à l’aide humanitaire.
« Avec Ebola, on ne peut pas relâcher la pression », a-t-il insisté, estimant que des ressources supplémentaires restent nécessaires pour ralentir la transmission et parvenir à mettre fin à l’épidémie.
Alors que la RDC fait face à une situation épidémiologique hétérogène, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux devront donc poursuivre les opérations de surveillance, de dépistage, de prise en charge et de prévention, y compris dans les zones actuellement épargnées mais exposées au risque d’importation de nouveaux cas.
TE/Sf/APA





