Une rencontre stratégique s’est tenue ce mardi au siège du Conseil d’État, aux II-Plateaux Les Vallons. Le président de l’institution, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a accordé une séance de travail au bureau de l’Association des chefs Atchan (communément appelés Ébriés), conduite par son président Nangui Magès.
Les discussions entre le président du Conseil d’État, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, et les chefs traditionnels Ébrié ont principalement porté sur la gestion des litiges fonciers et les crises de succession, deux problématiques majeures qui encombrent actuellement les juridictions.
L’ampleur de la crise a été mise en lumière par des chiffres particulièrement éloquents. Le président Ibrahime Coulibaly-Kuibiert a révélé que sur un stock de 5 000 dossiers en instance au Conseil d’État, plus de 4 000 portent exclusivement sur le foncier et sur les arrêtés de nomination des chefs de village.
Face à ce constat, le président de la haute juridiction administrative a souligné l’urgence d’associer directement les autorités traditionnelles, qui détiennent la légitimité à la base. Cette démarche fait suite à de premières concertations menées avec le ministère de l’Intérieur et la Chambre des rois et chefs traditionnels pour harmoniser les solutions.
Pour l’Association des chefs Atchan, qui regroupe tous les villages du District d’Abidjan, cette visite « à la source » visait à dissiper les jugements erronés sur l’institution et à proposer leur contribution active en tant qu’administrateurs des territoires villageois.
Nangui Magès s’est réjoui de l’écoute attentive obtenue. Les chefs ont confirmé que la terre et les arrêtés de nomination constituent aujourd’hui les plus grands facteurs d’instabilité dans leurs communautés, un constat partagé.
Les chefs traditionnels se disent prêts à accompagner l’institution pour garantir la cohésion sociale, préalable indispensable à tout développement. Cette dynamique engendre un nouveau mode opératoire pour la paix sociale
L’issue de cette réunion marque le début d’un partenariat technique entre la justice administrative et les chefs traditionnels. Les deux parties ont convenu d’élaborer un mode opératoire conjoint pour traiter plus efficacement ces contentieux de manière préventive.
« Les bases sont jetées pour une très bonne collaboration future », s’est félicité Nangui Magès le président de l’Association des chefs Atchan, à la sortie de l’audience, tenant à rassurer les populations villageoises d’Abidjan.
De son côté, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert a réaffirmé que la priorité absolue demeurait la préservation de la paix, se disant pleinement disposé à travailler main dans la main avec ses « frères Tchaman » pour soulager les justiciables.
AP/APA





