La France va abandonner la projection cartographique de Mercator au profit de cartes plus fidèles aux superficies réelles, a annoncé vendredi le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
« Une carte n’est jamais tout à fait neutre. Sur la projection de Mercator, le Groenland semble presque aussi vaste que l’Afrique, alors que l’Afrique est en réalité environ quatorze fois plus grande », a déclaré M. Barrot.
Selon le chef de la diplomatie française, les déformations cartographiques « finissent par s’installer dans les perceptions », estimant que « le moment est venu de les corriger ».
Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères abandonnera ainsi cette projection jugée déformante au profit de cartes « plus fidèles aux superficies réelles, et conformes aux prescriptions des cartographes et des scientifiques ».
« Changer de carte ne change évidemment pas le monde. Mais corriger une représentation qui le déforme, c’est déjà faire œuvre de vérité », a ajouté le ministre français.
Cette annonce intervient alors que l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté vendredi, à une écrasante majorité, une résolution portée par le Togo visant à promouvoir une représentation cartographique plus fidèle des superficies réelles des continents.
Le texte a recueilli 164 voix pour, une contre et six abstentions. Il encourage notamment le recours à des projections cartographiques dites « à surfaces équivalentes » lorsque la comparaison des superficies est importante.
L’initiative togolaise vise notamment à corriger les distorsions de la projection de Mercator, qui agrandit visuellement les territoires situés à proximité des pôles et réduit proportionnellement ceux proches de l’équateur.
Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a salué l’adoption de la résolution comme « un pas historique », estimant qu’elle touche à « la justice, la dignité, l’égalité et la manière dont nous représentons notre monde ».
Le texte onusien ne demande toutefois pas l’interdiction de la projection de Mercator, notamment pour les usages liés à la navigation maritime et aérienne, pour lesquels elle demeure adaptée.
Il préconise plutôt une diversification des représentations cartographiques, notamment dans l’éducation, les médias, les institutions internationales, les publications et les environnements numériques.
La décision française intervient ainsi le même jour que l’adoption de l’initiative togolaise à l’ONU, sur fond de débat international autour de la manière dont les cartes contribuent à façonner la perception des territoires et de leurs dimensions réelles.
AC/APA







