La Tunisie entend réaffirmer son attachement au non-alignement et au multilatéralisme lors d’une réunion organisée les 31 août et 1er septembre à Belgrade, soixante-cinq ans après le premier sommet du Mouvement.
Le secrétaire d’État auprès du ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ben Ayed, participe à une rencontre de haut niveau, autour du Mouvement des non-alignés, sur instruction du président Kaïs Saïed, a annoncé dimanche le ministère tunisien des Affaires étrangères dans un communiqué.
La réunion doit permettre à Tunis de réaffirmer son adhésion aux principes du Mouvement et à l’esprit de la Conférence de Bandung, organisée en Indonésie en 1955. La diplomatie tunisienne doit également insister sur la nécessité de poursuivre l’action collective des États membres, dans le respect de la souveraineté nationale, de l’indépendance politique et des principes énoncés dans la Charte des Nations Unies.
Le premier sommet du Mouvement des non-alignés s’était tenu à Belgrade en 1961, dans un contexte international dominé par la rivalité entre les blocs occidental et soviétique. Le Mouvement visait à permettre aux pays nouvellement indépendants d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine de préserver leur autonomie diplomatique et de ne pas s’inscrire dans la logique des alliances militaires de la guerre froide.
Soixante-cinq ans plus tard, la Tunisie considère que cette approche conserve sa pertinence face à la multiplication des conflits, à l’affaiblissement des mécanismes de concertation internationale et aux tensions croissantes entre grandes puissances. Elle défendra notamment le rôle du multilatéralisme dans la recherche de réponses communes aux crises politiques, économiques, sécuritaires et environnementales.
La participation tunisienne s’inscrit également dans une diplomatie privilégiant le respect de la souveraineté des États, le refus des ingérences extérieures et la recherche de règlements pacifiques aux différends. Tunis entend ainsi rappeler que le non-alignement ne signifie pas l’isolement, mais la préservation d’une capacité de décision indépendante dans les relations internationales.
En marge de la rencontre, Mohamed Ben Ayed doit s’entretenir avec ses homologues serbes et les représentants de plusieurs autres pays. Ces échanges porteront sur les relations bilatérales ainsi que sur différentes questions régionales et internationales d’intérêt commun, selon le ministère.
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