Le Maroc a appelé samedi à Luanda l’Union africaine (UA) à accorder une place centrale à la prévention et au traitement des causes profondes des conflits sur le continent.
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a défendu l’orientation vers l’anticipation, lors de la 26e session extraordinaire du Conseil exécutif de l’UA, consacrée au renforcement des mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits.
Bourita a estimé que l’action préventive devait reposer sur une approche associant paix, sécurité et développement. Selon lui, les États africains et les institutions continentales doivent investir davantage dans les facteurs économiques, sociaux et institutionnels susceptibles de produire une paix durable.
Cette position intervient alors que plusieurs régions du continent restent confrontées à des conflits armés, à des transitions politiques instables et à une progression des groupes jihadistes. Ces crises ont également mis en évidence les limites financières et opérationnelles des dispositifs africains de prévention, de médiation et de maintien de la paix.
Nasser Bourita a indiqué que le Maroc soutenait les objectifs de la session de Luanda et le plan d’action destiné à rendre plus opérationnelle l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA). Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre l’Union africaine et les Nations unies, afin d’éviter les chevauchements et de renforcer la cohérence des interventions.
Le ministre a également appelé à encadrer le financement du plan d’action de Luanda par les procédures budgétaires de l’Union africaine. La question du financement demeure l’un des principaux obstacles à l’autonomie du dispositif continental, encore largement dépendant des contributions de partenaires extérieurs.
La réunion avait été convoquée conformément à une décision adoptée en février 2026 lors de la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA. Elle devait aboutir à l’adoption d’une décision, du plan d’action de Luanda et de sa matrice de mise en œuvre, précisant les responsabilités, les mécanismes de financement et les étapes d’opérationnalisation des mesures retenues.
MK/AK/Sf/APA







