Le président du Conseil présidentiel libyen, Mohammed Menfi, a dénoncé des arrangements politiques conclus à huis clos et appelé la mission de l’ONU à garantir la transparence et la maîtrise libyenne du processus.
Dans une série de messages publiés mercredi 26 août sur X, Menfi a jugé «inacceptable» que des documents concernant l’avenir du pays soient communiqués à des acteurs internationaux avant d’être présentés aux citoyens, aux institutions officielles et aux forces politiques nationales. Il n’a toutefois pas précisé quels documents ni quels partenaires étrangers étaient visés.
Le responsable libyen a demandé à la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) de rester le «facilitateur» d’un processus dirigé par les Libyens. Toute démarche insuffisamment transparente risquerait, selon lui, d’alimenter les doutes sur la neutralité de la médiation internationale. Il a également contesté la portée des ententes dépourvues de légitimité, de consensus ou de mécanismes d’application, selon des propos rapportés par le Libya Observer.
Cette intervention survient après la réunion, le 20 août à Tunis, d’un groupe restreint de huit représentants des camps de l’est et de l’ouest du pays. Les participants ont paraphé un projet d’accord portant sur la réorganisation du conseil de la Haute Commission électorale et la révision du cadre juridique des élections. Une nouvelle rencontre devait être organisée en Libye avant la fin août pour finaliser les modalités d’application et annoncer officiellement le texte, selon le compte rendu des discussions.
Dix pays occidentaux, parmi lesquels les États-Unis, la France, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont publiquement salué cette avancée avant la signature définitive de l’accord. Ils ont appelé les acteurs libyens à soutenir sa mise en œuvre, estimant qu’elle pouvait ouvrir la voie à des élections nationales et à la réunification des institutions. Leur déclaration commune a renforcé les interrogations sur la circulation du contenu des négociations avant sa présentation officielle en Libye.
Menfi a parallèlement ramené le débat aux dimensions économiques de la crise. Il a cité la corruption, la contrebande, la gestion opaque des revenus pétroliers, la détérioration des services publics et l’érosion de la valeur du dinar parmi les principaux facteurs de mécontentement.
Selon lui, les responsables ayant contribué à ces déséquilibres ne peuvent prétendre les résoudre par de nouveaux compromis imposés. Le maintien d’une politique du fait accompli, au détriment du droit et des institutions, risquerait de reconduire l’impasse qui empêche la Libye d’organiser des élections nationales depuis l’échec du scrutin prévu en décembre 2021.
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