L’Algérie porte à 53 le nombre de ses inspections de contrôle aux frontières et crée des unités douanières permanentes, sans détailler les moyens humains, financiers et techniques nécessaires à leur fonctionnement.
Le gouvernement algérien a réorganisé son dispositif de contrôle de la qualité, de répression des fraudes et de surveillance douanière aux frontières. Deux arrêtés interministériels et une décision, publiés au Journal officiel n° 60, étendent le réseau d’inspections aux ports, aéroports, postes terrestres et zones sous douane. Cette réforme administrative affiche une volonté de resserrer les contrôles, mais laisse en suspens les conditions concrètes de sa mise en œuvre.
Un premier arrêté, signé le 5 mai par les ministres du Commerce intérieur et des Finances, fixe à 53 le nombre d’inspections chargées du contrôle de la qualité et de la lutte contre les fraudes. Un deuxième texte en précise l’implantation. Alger concentre huit structures, tandis que Tlemcen, Oran et Illizi en comptent trois chacune. Plusieurs wilayas côtières, frontalières et méridionales disposent d’une ou deux inspections. Les textes ne précisent toutefois pas combien de ces structures sont réellement nouvelles, déjà opérationnelles ou simplement réorganisées par rapport au dispositif précédent.
La couverture géographique s’étend des grands ports d’Alger, Oran, Béjaïa et Djen Djen aux postes terrestres de Maghnia, Bouchebka, Debdeb, In Guezzam, Tin Zaouatine, Bordj Badji Mokhtar et Timiaouine. Elle inclut aussi des aéroports et des zones industrielles placées sous douane. Cette dispersion répond à l’ampleur du territoire algérien et à la longueur de ses frontières, mais elle risque d’accroître les besoins en effectifs, en équipements de contrôle et en capacités logistiques.
Une décision du ministère des Finances, datée du 1er juin, crée parallèlement des postes douaniers de surveillance le long des frontières terrestres. Ces unités devront assurer un service permanent, de jour comme de nuit, surveiller la bande frontalière, soutenir les brigades opérationnelles et coordonner leurs interventions avec la Gendarmerie nationale. Elles seront également responsables de la sécurité des marchandises saisies jusqu’à leur remise aux services compétents.
Le dispositif ne fournit cependant aucune indication sur le nombre exact de postes concernés, leurs effectifs, leur budget, leurs équipements ou le calendrier de leur déploiement. Aucun objectif chiffré n’est davantage fixé concernant la réduction de la contrebande, l’amélioration des contrôles ou les délais de traitement des marchandises.
En l’absence de tels indicateurs, l’élargissement du maillage administratif ne garantit pas à lui seul une surveillance plus efficace. Son impact dépendra de la capacité des autorités à doter durablement ces structures de personnels formés et de moyens techniques, mais aussi à éviter les chevauchements entre Douanes, Gendarmerie et services de contrôle commercial.
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