Des experts burkinabè et maliens ont examiné lundi à Bamako le bilan intermédiaire de la feuille de route de l’An II de la Confédération des États du Sahel (AES), mettant en lumière des avancées institutionnelles et sectorielles, mais aussi la nécessité de mieux chiffrer, financer et coordonner les projets communs.
La séance de travail a été coprésidée par le secrétaire général du ministère malien des Affaires étrangères, l’ambassadeur Moustapha Traoré, et le président de la Commission nationale AES du Burkina Faso, Bassolma Bazié.
La rencontre devait permettre aux deux commissions nationales d’examiner le rapport à mi-parcours, d’harmoniser leurs données et de formuler des ajustements pour les activités restant à conduire sous la présidence burkinabè de la Confédération.
Les participants ont relevé des progrès dans l’intégration des politiques socio-économiques, la coordination des forces de défense et de sécurité ainsi que l’harmonisation des positions diplomatiques. Aucun taux global d’exécution, coût consolidé ou bilan détaillé par secteur n’a toutefois été communiqué à l’issue des travaux.
Des chantiers encore à chiffrer
Cette revue s’inscrit dans une série de consultations engagées par la présidence burkinabè. Du 17 au 19 août, une rencontre organisée à Niamey avait réuni des hauts responsables autour des trois principaux piliers de l’AES : défense et sécurité, diplomatie et développement.
Les participants avaient notamment recommandé de budgétiser les activités prévues dans la feuille de route afin d’en déterminer le coût annuel. Ils avaient également préconisé une meilleure coordination entre les ministères et les différentes structures nationales chargées de leur mise en œuvre.
La libre circulation des personnes et des biens figure également parmi les dossiers nécessitant des mesures d’application supplémentaires. Les recommandations issues de la réunion de Niamey portent notamment sur l’adoption d’un texte spécifique, la disponibilité des cartes nationales d’identité biométriques de l’AES, le renforcement des contrôles et l’instauration éventuelle de sanctions contre les compagnies de transport qui ne respecteraient pas les règles communes.
Ces propositions doivent être soumises aux autorités compétentes avant le prochain sommet du Collège des chefs d’État, dont la date n’a pas encore été précisée.
Passer de l’architecture à l’exécution
Finalisée en février à Ouagadougou, la feuille de route de l’An II vise à consolider les acquis du premier exercice et à transformer les orientations politiques de la Confédération en programmes communs.
Depuis le sommet de Bamako de décembre 2025, l’AES a franchi plusieurs étapes dans la construction de ses institutions. La Banque confédérale pour l’investissement et le développement a été officiellement lancée avec un capital initial annoncé de 500 milliards de francs CFA. La Force unifiée dispose désormais d’un état-major à Niamey.
Sur le plan parlementaire, les 45 députés confédéraux, soit 15 représentants par pays, ont été installés le 24 août à Niamey. Leur règlement intérieur a été adopté le lendemain et trois commissions consacrées respectivement à la défense et à la sécurité, à la diplomatie et au développement ont été mises en place.
Créée en juillet 2024 par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’AES dispose ainsi progressivement d’une architecture institutionnelle commune. L’enjeu de l’An II est désormais de transformer cette construction institutionnelle en résultats concrets et mesurables, notamment dans les domaines de la sécurité, des infrastructures, du financement et de la libre circulation.
Le rapport qui sera soumis au prochain sommet devra notamment permettre d’évaluer le niveau de financement et d’exécution des engagements pris et leur impact sur les conditions de vie des populations de l’espace confédéral.
MD/te/APA







