Face à l’ampleur dramatique du phénomène en Côte d’Ivoire, le président du COJEP, Charles Blé Goudé, tire la sonnette d’alarme. Qualifiant l’orpaillage illégal de véritable « guerre » menée contre le pays, l’homme politique propose la création d’un ministère dédié à l’éradication de ce fléau, qu’il décrit désormais comme un système de prédation organisé.
Autrefois clandestine, l’extraction illégale d’or se déroule désormais au vu et au su de tous en Côte d’Ivoire, installant un sentiment d’impuissance générale. Pour Charles Blé Goudé, cette activité n’est plus une simple stratégie de survie marginale, mais une atteinte multidimensionnelle et profonde aux intérêts fondamentaux de la nation. Elle menace la sécurité, l’économie, le territoire et l’avenir des générations futures.
Pour répondre à cette crise, Blé Goudé exhorte le président Alassane Ouattara à changer de paradigme en adaptant la structure gouvernementale. Rappelant l’histoire récente du pays, il souligne que la Côte d’Ivoire a toujours su créer des portefeuilles ministériels spécifiques face à des défis majeurs : un ministère de la Lutte contre le Sida au plus fort de la pandémie, un ministère de la Réconciliation pendant les crises sociopolitiques, ou encore un ministère des Victimes de guerre après les accords de Ouagadougou.
Selon lui, la « guerre de l’or » impose aujourd’hui une réponse tout aussi structurelle, globale et durable. Le constat environnemental et sanitaire dressé est alarmant. Les grands fleuves du pays : le Comoé, le Bandama, le Cavally et le Sassandra sont aujourd’hui méconnaissables.
Leurs eaux, polluées par des substances toxiques interdites comme le mercure ou le cyanure, menacent directement l’approvisionnement en eau potable, la pêche, l’agriculture et la santé publique. En parallèle, les sites d’orpaillage deviennent des zones de non-droit où prospèrent la prostitution, la drogue, les conflits fonciers et la déstructuration des communautés rurales.
Face à ce qu’il compare aux cartels de la drogue ou à la guerre de l’opium en Chine, Charles Blé Goudé appelle à ne plus traiter le problème comme une simple infraction au code minier. Il dénonce une véritable économie criminelle parallèle, structurée par des réseaux d’acteurs interdépendants : exploitants, fournisseurs de matériel, acheteurs et puissants bailleurs de fonds.
Pour vaincre ce système, le leader politique préconise de « couper la tête » du réseau en s’attaquant directement aux « gros bonnets » dissimulés derrière les exécutants locaux. Il propose une stratégie d’asphyxie financière et sécuritaire, incluant le gel des avoirs des commanditaires et un appui massif en effectifs militaires fourni par le ministère de la Défense.
Pour le leader du Cojep, Charles Blé Goudé, l’heure est à l’action globale : si la population entière subit les conséquences de ce désastre, la responsabilité et la complicité des donneurs d’ordres doivent être fermement sanctionnées.
Le bilan des opérations menées entre 2021 et le premier semestre 2026 témoigne de l’ampleur du chantier : plus de 8 500 sites illégaux déguerpis, 4 474 individus déférés (dont 65% d’étrangers), 136 kg d’or saisis et plus de 960 millions de FCFA interceptés.
AP/Sf/APA





