La campagne antidrogue menée par le gouvernement libérien a pris une tournure politique majeure après de graves accusations visant l’ancienne vice-présidente Jewel Howard-Taylor.
L’inspecteur général de la police libérienne, Gregory O. W. Coleman, a explicitement présenté l’ancienne vice-présidente, Jewel Howard-Taylor, comme faisant partie d’un réseau international actif de trafic de drogue, sur la base d’une saisie de cocaïne d’une valeur de 317 millions de dollars effectuée le long de l’autoroute de l’aéroport international Roberts, à Duazon, dans le comté de Margibi.
Rejetant l’idée qu’elle ne serait qu’une simple personne d’intérêt dans cette affaire, l’inspecteur général Coleman a confirmé que les enquêteurs considèrent l’ancienne vice-présidente, qui a exercé ses fonctions sous l’ancien président George Weah de 2018 à 2024 et dirige actuellement le National Patriotic Party, comme un acteur opérationnel du réseau criminel faisant l’objet de l’enquête.
L’enquête fait directement suite à la saisie de 3 971 kilogrammes de cocaïne, que les autorités présentent comme faisant partie des activités d’un syndicat criminel organisé impliquant des opérateurs étrangers dont les activités se sont étendues au Libéria sous la précédente administration politique.
Face aux accusations de persécution politique, les responsables de la sécurité ont souligné que l’enquête découlait d’un mandat du Conseil national de sécurité visant à démanteler les réseaux criminels organisés, et non à cibler des adversaires politiques.
Le ministre de la Justice et procureur général, Cllr. N. Oswald Tweh, a fermement défendu la décision des autorités d’empêcher Mme Howard-Taylor de quitter le pays à l’aéroport international Roberts, alors qu’elle s’apprêtait à prendre un vol à destination du Ghana. Il a affirmé que l’Équipe nationale conjointe d’enquête sur la sécurité disposait d’éléments crédibles justifiant son interdiction de voyager et permettant d’obtenir, dans le cadre des dispositions relatives à la sécurité nationale, un acte d’accusation scellé rendu par un grand jury.
Alors que les procureurs affirment qu’aucune personne, y compris un ancien haut responsable de l’État, ne bénéficie d’une immunité contre les poursuites, le gouvernement doit désormais relever le défi juridique consistant à transformer ces accusations de haut niveau en éléments de preuve recevables devant un tribunal.
Les autorités ont précisé que la cargaison de 317 millions de dollars fait l’objet d’une enquête totalement distincte d’une autre affaire de drogue largement médiatisée, portant sur 19 millions de dollars, et qu’elle nécessite donc des fondements juridiques distincts.
Alors que le gouvernement prépare son dossier, les responsables ont réaffirmé que Jewel Howard-Taylor n’a été condamnée pour aucune infraction et demeure légalement présumée innocente. Il appartiendra donc à la justice de déterminer si les éléments réunis par l’État permettent d’étayer les accusations selon lesquelles des acteurs locaux de haut niveau auraient facilité les activités de réseaux internationaux de trafic de stupéfiants.
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