Le président tunisien Kaïs Saïed a réaffirmé lundi la souveraineté nationale en matière de politique éducative, à l’occasion de la Journée du savoir à Carthage, tout en annonçant le démarrage des travaux du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement.
Le chef de l’État tunisien a placé la réforme de l’enseignement sous le signe de la souveraineté nationale. Lors d’une cérémonie organisée lundi 17 août au palais de Carthage, en présence de la cheffe du gouvernement, de membres de l’exécutif, de hauts responsables de l’État et de lauréats de l’année scolaire et universitaire écoulée, Kaïs Saïed a rejeté toute influence extérieure sur les orientations du système éducatif.
« Non aux diktats venant de l’étranger. Notre enseignement, nous le choisissons comme le veut le peuple tunisien », a déclaré le président dans une allocution diffusée par la présidence de la République. Selon lui, certaines interventions extérieures passées ont contribué à altérer le caractère national de l’enseignement tunisien. Il a défendu un système à la fois « national, démocratique et universel », estimant également que la scolarité obligatoire ne devait pas nécessairement s’arrêter à seize ans.
Cette intervention coïncide avec l’installation du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, institution constitutionnalisée dont les membres ont été désignés. Kaïs Saïed a indiqué que cette instance avait commencé ses travaux le même jour et qu’elle serait chargée de conduire une réforme « objective », à l’écart des calculs politiques et des fluctuations conjoncturelles. Des projets éducatifs plus ambitieux devraient être annoncés lorsque les conditions de leur mise en œuvre seront réunies.
Le président tunisien a également insisté sur la transformation des établissements scolaires en espaces de transmission culturelle. Il a souhaité le développement de clubs consacrés notamment au cinéma, au théâtre et à la calligraphie, tout en critiquant les insuffisances architecturales et l’absence d’équipements culturels dans de nombreuses écoles. Un centre consacré aux arts de la calligraphie est également envisagé.
Kaïs Saïed a enfin abordé la progression de la consommation de drogue, appelant à renforcer la sensibilisation dans les établissements scolaires et les médias publics. Il a accusé des réseaux de corruption et des relais financés de l’intérieur comme de l’extérieur de chercher à fragiliser la société tunisienne, inscrivant ainsi la réforme éducative dans une conception plus large de la souveraineté et de la cohésion nationales.
MK/Sf/APA







