Soixante-neuf ex-combattants issus de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) et des groupes anti-Balaka ont volontairement déposé les armes à Maloum, dans la préfecture de l’Ouaka, une opération qui marque une nouvelle étape dans les efforts de consolidation de la paix et de réinsertion des anciens combattants en République centrafricaine.
L’opération de désarmement de 69 ce-combattants, réalisée le 9 août par l’Unité d’exécution du Programme national de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (UEPNDDRR), avec l’appui de la MINUSCA et des autorités locales, a concerné 62 membres de l’UPC et sept anti-Balaka, dont une femme.
Elle a permis de récupérer 37 armes, 1 800 munitions de différents calibres et six roquettes, qui doivent être détruites conformément aux procédures prévues dans le cadre du processus de désarmement.
Au-delà des chiffres, cette opération revêt une portée particulière pour Maloum, où les actions de désarmement et de sensibilisation engagées depuis juillet 2025 visent à réduire durablement la présence des groupes armés et à favoriser leur adhésion au processus de paix.
Dans une région longtemps affectée par les violences, le dépôt volontaire des armes constitue ainsi un indicateur de l’évolution du rapport des ex-combattants au processus de paix, alors que la réussite du DDR dépend désormais autant de la sécurisation des armes que des perspectives offertes aux bénéficiaires.
« Je me réjouis du désarmement réalisé pour que Maloum retrouve la paix. Nous avons beaucoup souffert par le passé, mais aujourd’hui la localité est calme et nous ne connaissons plus de problèmes de sécurité », a déclaré Aboubakar Maloum, premier adjoint au maire de la commune d’Ouro-Djafoun.
Pour les anciens combattants, l’enjeu est désormais de transformer le renoncement aux armes en véritable projet de vie. Andi Tayo Alida, membre des anti-Balaka, souhaite notamment suivre une formation en couture afin de pouvoir subvenir à ses besoins et reprendre une vie civile normale.
« Je suis très heureuse d’avoir été désarmée et de voir mon pays avancer vers la paix. J’invite toutes les personnes encore dans la brousse à sortir pour intégrer ce processus », a-t-elle déclaré.
Même ambition pour Moussa Mahamat, ex-combattant de l’UPC, qui envisage de mettre son expérience au service de la sécurité nationale dans un cadre légal.
« Aujourd’hui, j’ai accompli le DDR et j’en suis très satisfait. Si l’occasion se présente, j’aimerais intégrer les forces armées pour contribuer à la protection de la population », a-t-il indiqué.
Pour Jean Jacson Daniel, coordonnateur de l’équipe DDR de la MINUSCA, le caractère volontaire de l’opération constitue un signal positif pour la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine.
Il a particulièrement relevé la remise d’armes de gros calibre par certains éléments de l’UPC, y voyant une manifestation de leur volonté d’intégrer le processus de paix.
Les 69 ex-combattants, originaires notamment de Pombolo, Ebando, Nzako et Bambari, doivent désormais entamer la phase de réinsertion. Selon les mécanismes du programme DDRR, ils pourront être orientés vers une intégration au sein des forces de défense et de sécurité ou vers des dispositifs de réinsertion socioéconomique.
Pour les autorités et les acteurs de la paix, le défi consiste maintenant à assurer le suivi de ces bénéficiaires afin que le retour à la vie civile soit durable et que le désarmement contribue effectivement à consolider la sécurité dans l’Ouaka.
TE/Sf/APA







