Dans un cadre verdoyant, au milieu de laboratoires et de salles équipées, l’Université Polytechnique de l’Ouest Africain (UPOA) mise sur la pratique pour former ses futurs ingénieurs et managers, à travers notamment les projets réalisés par ses étudiants en ingénierie biomédicale. Comme pour un stéthoscope électronique réalisé dans ses laboratoires.
À l’entrée de l’UPOA, établissement de formation sis aux Almadies, à Dakar, les bâtiments et les espaces verts offrent un environnement calme, loin de laisser deviner les équipements installés dans les différents laboratoires. Dans les salles dédiées à l’ingénierie biomédicale, les étudiants travaillent au contact de dispositifs utilisés dans les établissements de santé.
En blouse blanche, Ali Traoré, responsable de la filière d’ingénierie biomédicale, présente notamment un espace aménagé autour d’équipements de bloc opératoire. Table opératoire, défibrillateur, appareil d’anesthésie-réanimation et amplificateur de brillance font partie du matériel mis à la disposition des étudiants.
« Nous avons des équipements du bloc opératoire qui sont ici présents et nous faisons aussi la formation sur toutes les parties concernant l’électronique et l’automatisme », explique-t-il.
Des ingénieurs juniors autour d’un stéthoscope électronique

Dans un autre espace, un groupe d’étudiants en ingénierie biomédicale présente un projet réalisé dans le cadre de leur formation : un stéthoscope électronique connecté à une application mobile. Le groupe est composé de plusieurs membres, parmi lesquels Grâce Mitewu Yombo et Mariam Kanté.
La vingtaine révolue, Grâce Mitewu Yombo tient le prototype et détaille les différentes étapes de son fonctionnement. Le dispositif comprend notamment un microphone, une carte électronique, des filtres et un amplificateur opérationnel destinés à traiter le signal sonore.
« Là, nous avons la première partie, ici, l’acquisition du signal », explique le jeune ingénieur junior en présentant le montage.
Le groupe a également développé une application mobile permettant de récupérer les données grâce à une connexion Bluetooth. Le dispositif affiche notamment le rythme cardiaque et le signal du patient, tandis que l’application permet de conserver un historique des mesures.
« Le stéthoscope analogique ne garde pas de mémoire. Il n’affiche pas les valeurs. C’est le médecin qui doit les calculer », explique Mariam Kanté, en présentant les améliorations apportées par le prototype.
La conception du dispositif n’a pas été sans difficultés. Les étudiants ont notamment dû résoudre des problèmes liés à l’amplification du son, au bruit et à l’intégration des composants dans un boîtier de petite taille.
« L’intelligence artificielle nous a aidés, mais nous avons été à la base de tout », précise Grâce Mitewu Yombo. Le groupe dit avoir vérifié, corrigé et adapté les éléments obtenus afin de les intégrer au projet.
Pour Ali Traoré, cette démarche permet aux étudiants d’acquérir une expérience pratique avant leur arrivée dans les établissements de santé.
« Ces différents dispositifs permettent aux étudiants d’être déjà en immersion ici avant même d’aller à l’hôpital », souligne-t-il.
La formation vise ainsi à préparer des ingénieurs capables non seulement d’assurer la maintenance des équipements biomédicaux, mais également de participer à leur conception.
« Il faut avoir différentes notions, être très multidisciplinaire, connaître l’électronique, connaître l’informatique, les mathématiques, la physique, la science », ajoute Ali Traoré.
L’ingénierie et le management au cœur du projet UPOA
Cette orientation vers la pratique s’inscrit dans la vision portée par El Hadji Ibrahima Sall, président et fondateur de l’UPOA. L’établissement regroupe notamment une école d’ingénierie et une école consacrée au management et à la finance.
« L’université marche sur deux pieds. Un pied managérial et un pied d’ingénierie », explique-t-il, mettant en avant la complémentarité entre compétences techniques et capacités de gestion.
Pour le président de l’UPOA, la formation doit également laisser une place importante à la recherche et à l’innovation.
« Nous tenons ici beaucoup aux innovations et à la recherche », affirme-t-il, évoquant notamment les travaux menés par les étudiants dans les domaines de l’ingénierie biomédicale et de l’intelligence artificielle.
Dans cette logique, l’université entend renforcer progressivement ses infrastructures, ses équipements et ses ressources humaines, tout en développant ses échanges avec des institutions universitaires internationales.
À travers ses laboratoires, ses salles informatiques et ses projets pratiques, l’UPOA cherche ainsi à rapprocher la formation académique des réalités professionnelles et à donner aux futurs ingénieurs et managers les moyens de transformer leurs connaissances en solutions concrètes.
SS/ac/Sf/APA







