À l’approche des élections générales du 13 août en Zambie, une procédure engagée devant la Cour constitutionnelle met en lumière d’importantes zones d’ombre juridiques entourant le système de colistier présidentiel. L’affaire soulève notamment la question de savoir si le retrait d’un colistier affecte la validité d’un ticket présidentiel et si un remplaçant peut être désigné après la clôture des candidatures.
La procédure judiciaire en instance devant la Cour constitutionnelle zambienne, autour des implications du retrait d’un cloister à la présidentielle, est devenue l’un des dossiers les plus suivis d’une campagne électorale déjà marquée par plusieurs retraits inattendus et des recompositions d’alliances politiques.
Le procureur général, Mulilo Kabesha, a saisi la Cour constitutionnelle afin d’obtenir une clarification sur le cadre juridique applicable, après qu’un recours a été introduit par l’activiste Isaac Mwanza. Ce dernier demande à la justice de préciser les conséquences du retrait d’un candidat à la présidence ou de son colistier après la clôture officielle des dépôts de candidatures, intervenue entre le 18 et le 22 mai.
La Zambie avait instauré le système du colistier présidentiel à la faveur de réformes constitutionnelles destinées à garantir la continuité de l’exercice du pouvoir exécutif. Toutefois, des amendements adoptés en 2025 ont supprimé les dispositions qui autorisaient auparavant le remplacement d’un candidat ayant démissionné, étant décédé ou devenu inéligible avant le premier tour du scrutin.
Selon Mwanza, cette modification a créé un vide juridique qui se trouve aujourd’hui au cœur du contentieux.
La question a pris une importance particulière après le retrait de plusieurs candidats et colistiers de la course électorale.
Le 27 juin, Andyford Banda a renoncé à son rôle de colistier du candidat du Parti du peuple organisé, Brian Mushimba. Moses Mawere s’est également retiré du ticket du candidat de Citizens First, Harry Kalaba.
Par ailleurs, Xavier Chungu, candidat à la présidentielle du Parti démocratique libéral, a abandonné sa propre candidature pour apporter son soutien à Brian Mundubile. De son côté, John Nyirenda s’est retiré en tant que colistier de la candidate indépendante Given Katuta.
Dans sa requête, Isaac Mwanza soutient que les candidats à la présidence et leurs colistiers étant investis conjointement en vertu de l’article 30 de la loi sur le processus électoral, le retrait de l’un des deux membres du ticket soulève inévitablement la question de la validité de l’ensemble de la candidature.
La Commission électorale de Zambie (ECZ) a indiqué à la Cour que ces démissions avaient été notifiées après l’impression et le conditionnement des bulletins de vote. Elle estime que les suffrages exprimés en faveur de candidats s’étant retirés après cette étape ne devraient pas être comptabilisés.
Le procureur général Mulilo Kabesha défend toutefois une interprétation différente. Selon lui, un candidat à la présidence devrait pouvoir être considéré comme valablement élu même si son colistier se retire après la phase de nomination ou après le jour du scrutin.
Pour étayer sa position, il invoque l’article 110(3) de la Constitution, qui prévoit que tout vote exprimé en faveur d’un candidat à la présidence vaut également vote pour son colistier.
M. Kabesha estime également que les candidats devraient être autorisés à désigner des remplaçants en cas de retrait d’un colistier et que les noms des personnes ayant renoncé à leur candidature devraient être retirés des bulletins lorsque cela demeure techniquement possible.
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