Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez est attendu lundi à Alger pour une visite marquant le rétablissement des relations bilatérales après la crise diplomatique déclenchée en 2022. Ce rapprochement intervient toutefois sans que les différends ayant provoqué la rupture ne soient résolus sur le fond.
Pedro Sánchez entamera une visite dans un contexte de crise entre l’Algérie et l’Espagne, laquelle avait éclaté après le soutien de Madrid au plan marocain d’autonomie pour le Sahara, une position que l’Espagne n’a pas remise en cause. En réaction, l’Algérie avait suspendu son traité d’amitié avec Madrid et gelé une partie des échanges commerciaux, une décision qui avait également affecté les intérêts économiques algériens et suscité des interrogations sur la prévisibilité de sa politique extérieure.
Depuis la reprise progressive du dialogue fin 2024, les deux pays ont renoué leurs échanges diplomatiques et économiques. Plusieurs responsables espagnols ont qualifié l’Algérie de partenaire énergétique fiable, tandis que les autorités algériennes mettent désormais en avant une nouvelle phase de coopération économique. Ce revirement est interprété par certains observateurs comme le signe d’un retour à une approche davantage dictée par les impératifs économiques que par les tensions politiques.
Les autorités algériennes présentent cette visite comme l’ouverture d’un partenariat renforcé dans les domaines de l’énergie, de l’industrie et de l’investissement. Toutefois, plusieurs analystes soulignent que cette normalisation intervient alors que Madrid maintient sa position sur le Sahara occidental, point à l’origine de la rupture diplomatique. Ils estiment que le rétablissement des relations traduit avant tout une reconnaissance mutuelle des intérêts stratégiques et commerciaux des deux pays.
La visite de Pedro Sánchez devrait ainsi consacrer un retour au dialogue entre Alger et Madrid. Elle intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à consolider ses partenariats avec plusieurs pays européens, après une période durant laquelle des tensions diplomatiques répétées avec certains partenaires ont pesé sur son environnement économique et régional.
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