Des diplômés africains formés dans les grandes écoles et universités du continent ou à l’étranger choisissent de plus en plus de revenir dans leurs territoires d’origine pour exercer des responsabilités locales, notamment à la tête des communes.
Une tendance au retour des Africains diplômés à l’étranger, vers leurs territoires d’origine, accompagne le renforcement de la décentralisation dans plusieurs pays africains, où les collectivités disposent désormais de compétences plus importantes en matière de développement local.
Selon les spécialistes, ces profils apportent aux communes des compétences en gestion de projets, en financement, en coopération internationale et en planification, facilitant l’accès aux programmes des bailleurs.
À Freetown, en Sierra Léone, Yvonne Aki-Sawyerr, ancienne professionnelle de la finance à Londres, est revenue dans son pays lors de l’épidémie d’Ebola avant d’être élue maire en 2018 puis réélue en 2023. Son programme de transformation urbaine repose sur des objectifs chiffrés et un pilotage fondé sur les données.
Au Sénégal, l’élection de Babacar Diop à la mairie de Thiès en 2022 est également citée comme l’exemple d’une professionnalisation de la gestion municipale grâce à un solide parcours universitaire.
Au Togo, Meyebine Esso Gnassingbé, diplômé de l’ESLSCA Business School et de Sciences Po Paris, a été élu député en 2018 puis maire d’Amou-Oblo en 2019.
Durant son premier mandat, la commune a développé plusieurs partenariats avec des organisations internationales et des collectivités françaises, tout en élaborant son plan communal de développement avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Les réseaux de collectivités locales considèrent cette évolution comme un facteur de professionnalisation des administrations communales. Ils estiment toutefois que ces compétences devront être durablement transférées aux services municipaux pour produire des effets à long terme.
ARD/ac/Sf/APA







