Les autorités sud-africaines ont inauguré un centre temporaire de traitement à Musina, à la frontière avec le Zimbabwe, afin d’accélérer les procédures de rapatriement des migrants en situation irrégulière, dans un contexte de tensions xénophobes et de hausse des expulsions.
Doté d’une capacité d’accueil de 20 000 personnes, situé à la frontière avec le Zimbabwe, le nouveau centre de traitement pour le rapatriement des migrants centralise désormais les opérations transitant par le poste-frontière de Beitbridge. Les procédures sont menées en coordination avec le ministère sud-africain de l’Intérieur, les forces de sécurité, les autorités locales et les représentations diplomatiques des pays concernés.
La ministre de la Justice et présidente du Comité interministériel chargé de cette opération, Mmamoloko Kubayi, a indiqué dimanche que plus de 20 000 ressortissants du Malawi, du Mozambique et du Zimbabwe avaient déjà été rapatriés via cette plateforme.
Selon elle, la fermeture, fin juin, des centres temporaires d’eThekwini et d’Umsunduzi a entraîné le transfert des derniers migrants vers Musina, notamment ceux hébergés dans le centre d’accueil des réfugiés et au parc des expositions de la ville.
Le dispositif prévoit que les migrants soient d’abord regroupés dans des points de rassemblement avant leur transfert vers Musina, où leurs dossiers sont traités avant leur retour dans leur pays d’origine. Les municipalités, les ONG, les ambassades et les services de sécurité participent à cette coordination.
Mme Kubayi a expliqué que les arrivées spontanées de migrants dans plusieurs centres avaient fortement sollicité les capacités d’accueil locales et créé des risques sanitaires, obligeant les autorités à accélérer les opérations afin de libérer les espaces publics occupés par les personnes en attente de rapatriement.
Elle a appelé les missions diplomatiques des pays concernés à renforcer leur coopération avec Prétoria afin de garantir le respect des procédures établies.
Les autorités relèvent toutefois un ralentissement des demandes de rapatriement, dont le nombre est passé de 4 805 le 5 juillet à 1 139 le 11 juillet, ouvrant la voie à une réduction progressive des opérations exceptionnelles.
La ministre a rappelé que ces dispositifs temporaires représentent un coût important et n’ont pas vocation à être permanents. Elle a néanmoins souligné que l’État reste tenu d’appliquer la législation sur l’immigration et de procéder à l’expulsion des personnes en séjour irrégulier.
Entre le 1er avril et le 30 juin, 15.398 ressortissants étrangers ont été expulsés à l’issue de 2 519 opérations conjointes menées par les forces de l’ordre. Parallèlement, les tribunaux spécialisés du KwaZulu-Natal ont traité 2 640 dossiers d’expulsion.
Les autorités travaillent également à la réouverture d’un tribunal au centre de rapatriement de Lindela, afin d’accélérer les procédures judiciaires, tandis que de nouvelles installations sont en cours d’aménagement à l’aéroport international OR Tambo. Leur mise en service est attendue dans un délai d’environ trois mois.
JN/abj/fss/te/Sf/APA







